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  • : Le blog de la Section du PCF Pierre Bénite
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Peine De Mort

25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 18:22

 

Bruno BOUVIER Secrétaire du Comité Régional CGT de Rhône Alpes

 

La Confédération CGT appelle à un printemps de luttes pour changer en profondeur les choix économiques et sociaux en France et en Europe.
 

Le 1er Ministre, le Président de la République ont décidé de favoriser les entreprises avec des cadeaux conséquents de plusieurs dizaines de milliards d’euros et de faire payer ceux-ci par les salariés, les retraités, les personnes et familles qui bénéficient de diverses aides sociales.
 

Le Patronat applaudit et en redemande toujours plus au nom de la compétitivité, du besoin d’améliorer les marges des entreprises.
 

Les syndicats contestent les choix gouvernementaux, contestent la posture patronale, il faut que cette contestation se transforme en action massive déterminée pour changer la donne et imposer des solutions alternatives.
 

C’est le social qui permettra de sortir de la crise, de retrouver croissance et emploi.
 

C’est la réalisation de grands projets associant industrie – réponse aux besoins – respect de l’environnement qui donnera du souffle à une nouvelle ambition économique et sociale.
C’est le travail, les richesses produites par celui-ci qui doivent financer notre système de protection sociale.

 

Le 1er mai, le 15 mai avec l’ensemble de la fonction publique, le 22 mai avec les cheminots, le 3 juin avec les retraités, les rendez-vous se multiplient. A nous de leur donner leur pleine efficacité. Oui à un grand printemps des luttes.

 

Bruno BOUVIER

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 17:45
Le 25 avril 1974 : la Révolution des oeillets au Portugal !

Déclaration de Pierre LAURENT

Secrétaire national du PCF

 

Révolution d'avril : Pierre Laurent réaffirme la solidarité du PCF avec le peuple portugais

 

Quarante ans après, les symboles portés par la Révolution des Œillets demeurent fortement ancrés dans les luttes du peuple portugais qui s'est alors libéré du joug du fascisme.

 

Cette « aube de la liberté » a ouvert un processus de conquête de droits sociaux et démocratiques, tout comme elle a mis fin aux guerres coloniales en reconnaissant le droit à l’autodétermination et à l’indépendance des peuples de Guinée Bissau, d’Angola et du Mozambique.

 

Les valeurs portées par la révolution d'avril 1974 sont d’autant plus prégnantes que le Portugal est aujourd’hui confronté à une crise profonde,considérablement aggravée par les politiques des gouvernements successifs, et l’agression inique des gouvernants européens actuels, de la troïka UE-FMI contre les droits sociaux, démocratiques, constitutionnels et la souveraineté du peuple portugais.

 

Au nom du PCF, j'exprime mon profond attachement aux valeurs d’Avril et sa solidarité avec le peuple portugais et avec toutes les forces sociales et démocratiques qui, dans le processus grandissant de mobilisations populaires, portent haut ces mêmes valeurs. Solidarité avec le Parti communiste portugais qui les incarne, dans ses luttes d’hier et aujourd’hui, dans la défense des principes inaliénables inscrits dans la Loi fondamentale du Portugal et qui garantissent d’importants droits politiques, économiques et sociaux ainsi que le principe d'un État de droit fondé sur la souveraineté populaire.

 

Le PCF réaffirme aujourd'hui d’autant plus sa solidarité avec le peuple portugais que dans toute l’Europe la démocratie est systématiquement attaquée, les droits des travailleurs et des peuples profondément saccagés par les politiques d’austérité et de régression sociale appliquées par des gouvernants de plus en plus discrédités. En France, un véritable travail de sape a été engagé depuis des années contre les principes du « modèle social français » inscrits dans la Constitution.

 

Partout les droits sociaux doivent être garantis contre l’offensive des forces de l’ultralibéralisme et de la finance. Partout les souverainetés populaires quotidiennement bafouées doivent être respectées. Partout les valeurs démocratiques doivent être défendues, notamment contre les menaces de l’extrême-droite.

 

Enfin, défendre les valeurs de la Révolution d’avril c’est pour le PCF, agir avec de nombreuses forces progressistes en Europe, comme sur le continent africain et dans le monde, pour éradiquer toute forme de domination néocoloniale, contrer l’offensive des forces capitalistes et impérialistes en favorisant des politiques de coopération internationale basées sur le développement solidaire, la démocratie, la paix et le désarmement.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 16:49

 

 

Par Bruno BOUVIER, secrétaire du Comité Régional CGT Rhône Alpes

 

Les élections municipales des 23 et 30 mars ont confirmé un désaccord massif des électeurs de gauche avec les orientations gouvernementales depuis le printemps 2012.
 

Ces électeurs se sont très largement abstenus de voter exprimant ainsi leur déception, leur colère entrainant l’arrivée de listes de droite à la tête de très nombreuses villes.
 

En cascade, de très nombreuses Communautés d’Agglomération, Communautés Urbaines, des Métropoles basculent à droite.
 

La CGT n’aura cessé depuis près de 2 ans de multiplier les propositions, les initiatives pour une alternative aux logiques d’austérité. Aucune de nos propositions ne trouva écho auprès du Gouvernement Ayrault.
 

La déclaration de François Hollande le 31 mars, lendemain du 2ème tour des élections municipales, confirme les mêmes choix politiques : pacte de responsabilité, objectif de réduction de 50 milliards de dépenses publiques auquel se rajoutent désormais le pacte de solidarité véritable prédateur de notre système de protection sociale solidaire et l’objectif d’une réorganisation des institutions de la République (regroupement des régions, suppression des Conseils Généraux).
 

Seul un puissant mouvement social permettra de peser efficacement pour imposer d’autres choix stratégiques. Le 1er mai prend dans ce contexte une importance particulière.
 

La CGT jette toutes ses forces dans la bataille pour une puissante journée de mobilisation le 1er mai pour construire un printemps de luttes, un printemps de construction d’une alternative aux choix destructeurs en France et en Europe.

 

Bruno BOUVIER
Secrétaire Général

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:36

 

Quelles garanties d’un projet et d’une métropole gardant le cap à gauche ?

 
DÉCLARATION DES CONSEILLERS COMMUNAUTAIRES COMMUNISTES DE VENISSIEUX
vendredi 18 avril 2014
 

Gérard Collomb a été réélu, mercredi dernier, Président du Grand Lyon, dès le premier tour de scrutin de l’Assemblée communautaire, future Métropole. Plus d’un quart de ses voix proviennent de conseillers, élus dans leur commune sur des listes du centre ou de la droite.

 

La défaite du candidat officiel de la droite, François-Noël Buffet, est une bonne nouvelle. Il obtient moins de voix qu’en 2001, le signe d’une droite divisée qui ne doit pas masquer la place qu’elle a prise dans l’agglomération. Après s’être emparée de plusieurs « villes historiques » de la gauche, la droite réussit à peser largement dans l’élection du Président du Grand Lyon. Ce résultat confirme l’accord politique solide entre le socialiste Gérard Collomb et l’UDI Michel Mercier.

 

Nous sommes inquiets. Des contreparties ont-elles été cédées pour obtenir le ralliement de maires centristes et divers droite, voire UDI et UMP, notamment dans l’ouest lyonnais ? Y-a t-il dans la majorité de Gérard Collomb des candidats élus contre des maires et équipes de gauche ?

 

Dans ces conditions, quelles garanties d’un projet et d’une métropole gardant le cap à gauche ?

 

Les dernières annonces de Manuel Valls ne laissent aucun doute sur le choix gouvernemental d’aggraver l’austérité et d’en faire payer le prix fort au monde du travail, aux familles populaires et aux plus démunis : gel du point d’indice des fonctionnaires, gel des retraites, poursuite des attaques contre la sécurité sociale, remise en cause du plan grande pauvreté avec la suppression des revalorisations prévues du RSA, du complément familial et de l’allocation de soutien scolaire.

 

Dans le même temps, Manuel Valls a annoncé 10 milliards d’euros de gel des dotations aux collectivités locales, la fin des Départements d’ici 2021, la fusion des Régions pour en diviser le nombre par deux, la suppression de la clause de compétence générale qui permettait aux communes d’intervenir dans tous les domaines. Dans ces conditions, le risque est grand que les métropoles, loin des effets d’annonce, ne soient que l’outil qui impose la rigueur aux collectivités locales et aux populations.

 

Les élections municipales ont témoigné du désarroi et du ras-le-bol d’un grand nombre de citoyens qui ne croient plus dans l’action politique et les institutions. C’est la droite et le Front national qui ont tiré profit de cette fracture politique et sociale.

 

C’est pourquoi, fidèles à nos engagements de ces dernières élections municipales, nous sommes déterminés à combattre les mauvaises mesures prises par le gouvernement et nous disons que la continuité n’est pas de mise pour la gauche au Grand Lyon.

 

Il faut en finir avec les petits arrangements avec la droite, les décisions prises dans le secret par des cercles restreints, la priorité donnée aux grands projets correspondant à la mise en concurrence des territoires au détriment de la réponse aux besoins des habitants et à la proximité.

 

Nous nous battons pour renforcer la capacité des communes dans une métropole qui fonctionne dans un esprit d’intercommunalité facteur d’efficacité et de réponses aux habitants. Nous exigeons la transparence dans les décisions et l’égalité de traitement des communes dont la souveraineté et les moyens doivent être renforcés.

 

Les moyens pour la solidarité, avec le transfert des compétences sociales du conseil général vers la métropole, sont au cœur de notre action comme le développement des services publics de proximité. L’offre de logement social doit grandir dans l’agglomération, dans sa diversité, tout en préservant les espaces naturels qui garantissent une ville à vivre. La priorité doit être donnée aux transports collectifs, nouvelles lignes de métro et tramway, et leur usage favorisé par une tarification plus accessible au plus grand nombre.

 

Pleinement engagés pour porter et défendre les projets de Vénissieux, nous voulons être utiles à tous les habitants de l’agglomération pour une métropole solidaire et durable. C’est au regard de cet objectif que nous déciderons en toute liberté de nos votes.

 

- Michèle PICARD, Maire de Vénissieux, conseillère communautaire
- Yolande PEYTAVIN, 1ère adjointe au Maire, conseillère communautaire
- Pierre-Alain MILLET, Adjoint au Maire, conseiller communautaire
- Marie-Christine BURRICAND, Conseillère municipale, conseillère générale, conseillère communautaire

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:30
Le 25 mai, on vote Front de Gauche !
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:07

 

La France compte entre 4,9 et 8,7 millions de pauvres selon la définition adoptée... Depuis 2002, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million.


L’état des lieux :

 

La France comptait 4,9 millions de pauvres en 2011 [1] si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,7 millions de pauvres si l’on utilise le seuil de 60 % du niveau de vie médian. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 7,9 %, dans le second de 14,3 %. En 2011, le seuil de pauvreté situé à 60 % du revenu médian, pour une personne seule, est de 977 euros mensuels, celui à 50 % de 814 euros.

 

La tendance :

 

La pauvreté a baissé des années 1970 au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000. Depuis 2002, le nombre de personnes pauvres au seuil de 50 % a augmenté de 1,1 million (+ 30 %) et le nombre au seuil de 60 % a progressé de 1,2 million (+ 16 %). Sur cette même période, les taux sont passés respectivement de 6,5 à 7,9 % et de 12,9 à 14,3 %.

 

Le mouvement de hausse est de plus en plus net. Il constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays depuis les années 1960. La dégradation économique enregistrée depuis 2008 pèse tout particulièrement sur les moins favorisés.

 

Pour la seule période de 2008 à 2011, le nombre de pauvres au seuil de 50 % a augmenté de 584 000 et de 893 000 si l’on considère le seuil de 60 %.

 
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Published by Front de Gauche Pierre Bénite - dans Economie
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 07:50
"La violence des riches" dernier livre de Monique Pinçon-Charlot

"La violence des riches" dernier livre de Monique Pinçon-Charlot

 

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

 

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

 

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

 

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres... Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

 

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

 

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra... Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]...

 

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage... Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

 

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches...

 

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

 

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

 

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

 

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

 

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

 

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

 

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

 

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

 

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

 

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

 

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

 

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

 

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

 

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports... Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

 

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

 

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations...) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

 

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

 

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard... Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

 

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %... Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

 

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

 

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

 

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

 

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie... C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

 

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe.

 

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 17:25
Tout est possible !

 

L'argent existe ! Il faut le prendre et le rendre à celles et ceux qui l'ont gagné, avec une autre production et un autre partage des richesses !

 

Si tout est donc possible, la seule question qui vaille, c'est comment on fait pour le prendre ?

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 10:30
Exigeons la libération de Marwan BarghoutiExigeons la libération de Marwan Barghouti

 

L’épouse de Marwan Barghouti, incarcéré depuis 2002 en Israël, était la semaine dernière à Paris pour présenter la campagne internationale de libération de son mari et de tous les prisonniers politiques palestiniens. 

 

Jeudi avait lieu la journée Internationale des prisonniers politiques. Parmi eux, Marwan Barghouti, figure influente du Fatah. Arrêté à Ramallah par les forces israéliennes le 15 avril 2002, il a été le tout premier parlementaire palestinien détenu.

 

Condamné à cinq ans de prison pour avoir commandité cinq meurtres, dont l'attentat du SeaFood Market à Tel-Aviv dans lequel trois civils ont perdu la vie, il a écopé en plus de 40 ans de réclusion pour une tentative de meurtre déjouée par l’armée israélienne. Il a cependant été acquitté de 21 autres chefs d'inculpation pour meurtres. Lors de son procès, Marwan Barghouti a refusé de se défendre, ne reconnaissant pas la légitimité du tribunal israélien et affirmant être innocent des chefs d’accusation portés contre lui.

 

Depuis, sa femme, Fadwa, se bat pour faire libérer son époux et les autres prisonniers palestiniens. La semaine dernière, elle était à Paris afin de présenter la grande campagne internationale, lancée depuis la cellule de Nelson Mandela, à Robben Island en 2013, soutenue notamment par l'évêque sud-africain Desmond Tutu, l'ancien président américain Jimmy Carter, ou encore Michel Rocard.

 

Stéphane Hessel s’était lui aussi engagé dans cette campagne. «Marwan est un symbole de la résistance et sa non-libération est avant tout motivée par des questions politiques», a expliqué Fadwa Barghouti, qui a rappelé que «l’enlèvement» de son mari avait été «un choc pour tout le monde».

 

Initiateur du Document national de la réconciliation des prisonniers, sur la base duquel le gouvernement d’union nationale s’est formé en 2007, Marwan Barghouti est rapidement devenu une figure populaire et unificatrice en Palestine. «Israël lui a tout infligé, 100 jours d’isolement, 100 jours d’interrogatoire. Mais face à la volonté d’Israël de le faire taire, lui a la volonté de se faire entendre», affirme son épouse. «La pression que nous subissons nous rendra encore plus déterminés à obtenir la libération nationale», ajoute-t-elle, lançant cette formule choc: «C’est soit la paix, soit l’Apartheid». 

 

«Il faut qu’Israël comprenne que l’oppression ne fait pas régner la sécurité. Au lieu de placer ses efforts ailleurs, Israël préfère gérer l’occupation», affirme Fadwa Barghouti.

 

Celle qui a rencontré son mari alors qu’elle était encore étudiante et militait déjà en faveur des droits des prisonniers palestiniens regrette qu’Israël ne tienne pas ses engagements, «même les plus simples». «Avec les accords d’Oslo, en 1993, nous sommes tombés dans le piège de croire que la paix permettrait la libération des prisonniers. Mais aujourd’hui, Israël refuse de libérer les prisonniers palestiniens. Quel signal donne-t-elle? La libération des prisonniers doit venir avant les négociations, et non comme un aboutissement», explique cette mère de quatre enfants. Pour elle, le refus de libérer les prisonniers, dont son mari, empêche le processus de paix d’avancer. «Il devrait être libre, pour que nous puissions aller plus loin. Mais lorsqu’on exige un prix en retour, nous sommes alors dans une situation de prise d’otage», lance-t-elle.

 

Et c’est avec l’aide d’autres pays que Fadwa Barghouti espère gagner son combat. «Il faut que la France agisse, parce que la cause est belle et juste. La France comprend le rôle que pourra jouer Marwan une fois libre. Mais il est également important que Monsieur Kerry, secrétaire d'État des Etats-Unis, nous dise enfin qui est responsable du non-avancement des négociations», explique-t-elle. Selon elle, «ne pas libérer les prisonniers est une humiliation pour le peuple palestinien».

 

Depuis le début de son engagement dans la lutte pour la Palestine, Marwan Barghouti est surnommé le «Mandela palestinien», en raison de la similarité de leurs parcours. Tous deux ont formé le mouvement de la jeunesse au sein de leur faction politique, tous deux on défendu le droit de résister, même par les armes (Mandela a dirigé l’aile armée de l’ANC lors de son arrestation et Barghouti est considéré comme l’un des principaux dirigeants des deux Intifada), tous deux ont refusé de reconnaître la légitimé des tribunaux devant lesquels ils étaient jugés, et tous deux sont devenus des symboles de la lutte de leur peuple.

 

Depuis sa cellule d’ Hadarim, à l’annonce de la mort du leader sud-africain, Barghouti lui a d’ailleurs écrit une lettre: «Vous disiez: "Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas complète car il lui manque la liberté des Palestiniens." Et depuis l’intérieur de ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez atteint la vôtre. L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine».

 

Mais si Marwan et Fadwa Barghouti ne perdent pas espoir, les années de lutte commencent à se faire sentir. «Cela a été pour moi douze longues années, j’ai faibli. J’ai faibli face aux questions de mes enfants. Ils voient leur père très rarement, il n’a même pas encore pu voir sa petite-fille», confie Fadwa. Elle ne le voit que 45 minutes, une fois toutes les deux semaines. «Mais cette visite derrière une vitre ne m’appartient pas, explique-t-elle. Je dois jongler entre tant de questions. Celles de nos enfants, les questions politiques, les messages que l’on veut envoyer…»

 

Pourtant, Fadwa Barghouti ne regrette pas d’avoir pris la décision de le suivre dans ce combat. «Lorsqu’il a demandé ma main, il m’a dit: "prend une semaine pour réfléchir, avec moi la route sera longue et pénible. Je peux finir assassiné, arrêté. Mais un fois que le pays sera libre, je me consacrerai à vous". Mais je n’ai pas eu besoin de temps pour réfléchir», assure-t-elle, certaine que ces souffrances seront un jour un lointain souvenir. «Parce que le message que nous portons est un message de paix, et d’humanité». 

 

Exigeons la libération de Marwan Barghouti
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 08:27
Aujourd'hui est un grand jour, pour la liberté d'expression politique !
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