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Peine De Mort

18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 07:56
Métropole, élection du Président (suite), déclaration de Michèle PICARD

 

Déclaration de Michèle PICARD Maire de Vénissieux suite à l'élection de Gérard COLLOMB Président du Grand Lyon

 

Le 30 mars dernier, les Vénissians ont fait le choix d’une équipe forte d’un bilan et d’un projet  ambitieux et audacieux, un projet résolument à gauche. Élue maire, je suis garante de ce contrat passé avec eux pour bâtir une ville solidaire, une ville en prise avec son temps, partie-prenante du développement de l’agglomération lyonnaise.

 

Ce mercredi 16 avril, les conseillers communautaires ont élu le Président du Grand Lyon. Gérard Collomb a réussi à convaincre bien au-delà de son propre camp.

 

« Si je m’inscris évidemment dans la majorité de gauche autour d’un projet progressiste et républicain, je ne participerai pas à l’exécutif de la future métropole. Pour l’instant, les conditions ne sont pas remplies.

 

A la veille de la mise en place de la plus puissante collectivité territoriale après le Grand Paris, nous n’avons aucune visibilité sur les compétences et les moyens qu’elle absorbera ou répartira. Sur quelle base se décidera cette répartition à l’échelle locale ou métropolitaine de telle ou telle compétence ? Les communes seront-elles associées à la réflexion ? Pourront-elles peser sur les choix et les politiques qui concerneront directement leur territoire et leur population ? Quelle sera leur place, leur rôle, leur pouvoir ? Qui héritera des compétences du Conseil général et surtout quels moyens seront alloués à leur mise en œuvre ? En matière de politique sociale notamment, les décisions prises impacteront directement les populations de l’ensemble des communes qui, en première ligne, assument la proximité réelle avec les habitants.

 

« Nos réserves sont d’autant plus grandes que la mise en place de la future métropole s’inscrit dans un contexte national où chaque nouvelle décision ampute les communes de leurs capacités d’actions, remet en cause les politiques développées pour l’intérêt général.

 

Pour financer son pacte de responsabilité, le gouvernement parle désormais d’une baisse des aides aux collectivités de 10 milliards d’euros d’ici 2017, Emmanuel Valls parle même de 11 milliards d’euros dans les années à venir ! Où s’arrêtera cette surenchère catastrophique pour nos politiques de proximité ? La fin des Départements est aussi annoncée pour 2021, tout comme la réduction de moitié du nombre de Régions françaises d’ici 2017. Enfin, la suppression de la clause de compétence générale pour les collectivités empêchera du même coup toute capacité d’initiative hors champ des compétences communales de plein droit.

 

Les annonces s’enchainent affichant le double objectif d’économie et de simplification. En réalité, ce n’est qu’une nouvelle étape dans la mise en œuvre  des politiques d’austérité de Bruxelles et du gouvernement. Dans un contexte où la grande pauvreté ne cesse de progresser, où des difficultés innombrables acculent nos concitoyens, la commune, premier maillon républicain, doit être renforcée.

 

Quel échelon porte mieux que la commune les aspirations des habitants ? Espace de vivre ensemble, lieu d’écoute, d’aide et d’accompagnement, source d’actions de proximité qui répondent à des réalités de terrain, la commune développe au quotidien les valeurs d’égalité et de solidarité qui fondent notre République. L’intercommunalité doit rester un outil au service des communes, et non pas un cercle de décisions encore plus éloigné des populations.

 

Entre les Français et la politique, la rupture est profonde. Les résultats des dernières élections sont sans équivoque : un désastre démocratique. Ce cri de colère contre la politique gouvernementale ne doit pas rester lettre morte.

 

« La crise sociale qui plonge nos populations dans d’extrêmes difficultés exige des choix clairs, percutants, efficaces.

 

Des besoins prioritaires attendent des réponses concertées dans la proximité et au quotidien. Les communes, leurs maires et leurs élus, le savent bien, confrontés chaque jour à la réalité des situations.

 

Vénissieux sait d’où elle vient et sait où elle veut aller. Vénissieux prendra toute sa place dans l’agglomération et doit pouvoir peser sur les orientations du Grand Lyon dans l’intérêt des Vénissians. Au-delà de l’exécutif du Grand Lyon, les maires et les équipes municipales élus au suffrage universel, devront être entendus et concertés. Une oreille attentive et constructive doit être tendue au maire de la troisième ville du département.

 

Avec les conseillers communautaires communistes vénissians, nous entendons défendre la singularité forte et l’identité vénissiane au cœur d’une agglomération des communes, solidaire et respectueuse de la souveraineté des habitants.

 

« Je compte faire avancer les projets de notre ville et exiger des budgets à la hauteur de son développement. J’ai à cœur d’être le porte-voix des 62 000 habitants que je représente. Les Vénissians peuvent compter sur moi.

 

Michèle PICARD

Maire de Vénissieux

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 12:08
C'est dans le rue qu'il faut dire non à l'austérité!

 

Hollande et Valls ont décidé de faire un cadeau de 50 milliards au patronat qui avec la droite en réclame encore et beaucoup plus. Pour financer ces énormes cadeaux, d’autant plus insupportables en période de crise alors que les actionnaires continuent à s’en mettre plein les poches, le 1er ministre a reçu ordre de la Commission Européenne de réduire d’autant les dépenses publiques afin de ne pas aggraver la dette de la France

 

Valls avait été prudent lors de son discours à l’Assemblée Nationale afin de permettre le vote de confiance notamment des députés socialistes opposés à l’austérité annoncée.

 

Une fois le vote de confiance acquis, le 1er ministre s’est lâché !

 

Il vient d'annoncer un programme d’austérité violent qui se situe dans le droit fil des dogmes ultralibéraux, abaisser comme jamais les moyens de vie de notre peuple afin de satisfaire les appétits sans limite des multinationales et des marchés financiers qui depuis hier jubilent !

 

Ces milliards d'économies annoncés par M. Valls à la sortie du Conseil des ministres ont suscité de multiples réactions très hostiles. Certes, un des amis politiques de Valls, le député Bruno Le Roux, président du groupe socialiste de l'Assemblé Nationale, estime que « ce programme d'économies et de modernisation de l'action publique est pleinement conforme aux valeurs de la gauche », mais il doit quand même se sentir bien seul. D’autant que l’austérité n’a jamais été une valeur de gauche !

 

A la gauche du PS, dans le monde syndical et politique, c'est de la colère. Une des répliques à cette violence se produira très vite, notamment le 1er mai, qui déjà s'annonçait comme un rassemblement unitaire (notamment en Île-de-France) contre « l'austérité renforcée, les sacrifices et reculs sociaux amplifiés » et le 3 juin lors de la manifestation nationale des retraités à Paris qui sont une fois de plus tondus par le gouvernement socialiste !

 

Les députés Front de gauche, par exemple, estiment que pour « donner des gages et complaire à la Commission Européenne le gouvernement amplifie le programme d'austérité ». Ils estiment que c’est un « coup de couteau dans le dos de nos concitoyens ( ), la priorité du gouvernement est plus que jamais de satisfaire les marchés financiers et de donner toujours plus aux entreprises, sans contreparties ».

 

Même désapprobation chez les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen, pour qui « ce sont les plus faibles qui figurent au premier rang des victimes de ce plan ».

 

Pour François Delapierre (Parti de gauche) : « Le pouvoir d'achat sera la première victime de ces mesures et l'économie réelle du pays sera donc fragilisée. J'appelle les parlementaires à refuser ces orientations. ( ) Je les adjure de ne pas se soumettre à leur tour à la Commission de Bruxelles. »

 

Olivier Dartigolles, au nom du PCF, retient « un seul et unique message : ça va saigner, et à tous les étages ».

 

Le ton monte aussi chez les socialistes. « Nous étions 150 députés atterrés et nous avons écouté dans un silence de mort ces annonces », a dit Christian Paul, à l'origine d'un récent appel ayant recueilli plus de 100 signatures critiques. « Sur le fond, nous n'avons pas été élus pour ça. » M. Paul annonce qu'il votera contre « en l'état » le 30 avril sur le « programme de stabilité », tout comme Laurent Baumel, du collectif de la Gauche populaire, qui prévoit lui aussi « de sérieuses difficultés ». Et la sénatrice de l'aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann affirme que « les seules nouvelles annoncées sont des ponctions faites au détriment du pouvoir d'achat des couches populaires et moyennes ».

 

Thierry Le Paon, secrétaire de la CGT, estime que « les mesures sont régressives et visent à accompagner une stratégie d'austérité. Ce gouvernement est dur avec les faibles et faible avec les durs », a t-il assené.

 

Jean-Claude Mailly de FO, est tout autant mécontent parlant de mesures qui vont « accroître la précarité et la pauvreté » et il juge « inacceptable » la poursuite du gel des salaires des fonctionnaires. Il prévient que son syndicat « s'opposera à toute privatisation de missions » publiques.

 

Et dans ce concert de mécontents, même la CFDT qui estime « hors de question de réduire les droits des chômeurs ». Elle craint « un coup de rabot généralisé », alors que « cet effort ne doit pas peser sur les plus modestes, porter atteinte à la cohésion sociale ou compromettre la reprise de la croissance ».

 

« Indignation et colère » aussi à la FSU, confortée dans sa détermination à réussir « la journée d'action unitaire du 15 mai pour défendre la fonction publique, ses agents, leurs emplois et leur pouvoir d'achat

 

le 17 avril 2014

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 09:14
Collomb réélu Président du Grand lyon avec les voix de la droite !

 

Gérard Collomb est élu Président du Grand Lyon avec les voix de la droite dès le 1er tour.

 

Sur 162 élus-es au Conseil Communautaire, la gauche compte 78 élus-es dont 9 communistes, la droite 82 et le FN 2. Les 9 élus-es communistes avaient décider de voter blanc au premier tour.

 

Les résultats du vote du premier tour confirment que Gérard Collomb avait négocié dès le 1er tour avec une partie la droite (Centre droit) son élection à la tête du Conseil Communautaire afin d'amplifier une politique qui va avec la Métropole et la politique d'austérité annoncée par Valls à l'Assemblée Nationale et précisée hier à la sortie du Conseil des Ministres, tourner le dos aux intérêts de nos communes, des populations et de nos territoires!

 

Ainsi le résultat du vote du 16 avril est sans ambiguïté :

 

- Inscrits 162, Votants 162,
- Exprimés 153 donc majorité absolue  77
- Collomb (PS)    :  92
- Buffet (UMP)        :  58
- Boudot (FN)    : 2
- Bret (PS) : 1
- Nuls et Blancs: 9

 

La gauche ne représentait que 78 voix, Collomb a donc été élu avec 68 voix de gauche et 24 voix de centre droit.

 

C'est une majorité dont plus d'un quart est de droite qui a été mise en place, non pas dans une intercommunalité ou cela pourrait être toléré, mais dans une métropole qui va devenir dans l'année qui vient une collectivité pleine et entière qui sera le fer de lance de la politique d'austérité et de la démolition de notre organisation territoriale exigées par le patronat, les groupes multinationaux et les marchés financiers.

 

Dans ces conditions les communistes doivent-ils accepter la nomination des deux vice-présidents proposés par Collomb dans le marchandage politicien qu'il a engagé avec notre parti pour tenter de gagner les voix communistes au 1er tour de cette élection du Président du Conseil Communautaire?

 

Nous ne pouvons pas nous engager dans cette voie qui serait dramatique pour notre parti et les grands lyonnais dans la mesure où elle ferait l'impasse sur le message envoyée par les électeurs de gauche aux municipales.

 

Plus que jamais dans ces conditions nouvelles, nous avons besoin d'un parti qui avec ses élus-es parle d'une voix autonome pour refuser et combattre l'austérité et pour porter les propositions radicales de notre parti et des forces sociales, associatives et progressistes de l'agglomération pour un changement de cap de la politique communautaire et de la politique nationale marquées du sceau du libéralisme.

 

Cette alliance gauche-droite pour former une majorité avec Collomb, quelques jours après un séisme politique appelle plus que jamais l'affirmation d'un point de vue communiste contre la droite et le libéralisme et pour la construction d'un rassemblement populaire majoritaire porteur de l'exigence d'une transformation sociale de la société.

 

Il faut en urgence travailler à unir les communistes pour de telles ambitions et pour affirmer leur détermination à agir avec les habitants, à s'organiser pour la cohérence de nos batailles dans l'agglomération, pour faire le lien entre les luttes sociales, les institutions, entre notre parti et ses élus.

 

Le 17 avril 2014

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 18:53

 

Point de vue de Jean Chambon membre du Conseil départemental du Rhône du PCF, secrétaire de la section de Pierre Bénite.

 

 

Avec les élections municipales de très nombreuses villes viennent de basculer à droite. La percée du Front national est inquiétante.

 

Les difficultés croissantes des populations, le chômage massif notamment des jeunes, l’affaissement des services publics et les inégalités aggravées, provoqués par la politique d’austérité ont conduit des millions d’électeurs de gauche à s’abstenir et à sanctionner lourdement le politique d’un gouvernement qui a trahi les espoirs issus des scrutins de 2012 favorables au Parti Socialiste.

 

Des villes comme Pierre-Bénite, Mions, Rillieux, Grigny, Saint-Fons, Décines, Saint-Priest, Chassieu et Francheville ont été perdues dans le Rhône.

 

Dans notre département, je pense que cette sanction a été confortée par la politique du Grand Lyon menée par Gérard Collomb ces dernières années.

 

Le refus d’un retour à une gestion publique de l’eau, le forcing pour imposer le TOP, le choix de gâcher des dizaines de millions d’Euros dans le Grand Stade et décider à deux (Collomb et Mercier) de la disparition du département du Rhône et de la création du monstre appelé métropole n’ont pas été partagés par les électeurs de gauche, y compris de nombreux  électeurs communistes.

 

Le message des urnes doit être entendu afin de répondre aux besoins de nos territoires et de leurs habitants. Cela a valeur pour le nouveau gouvernement Valls comme pour les futurs gestionnaires de la métropole de Lyon.

 

Je pense que la mise en place de celle-ci dans les mois à venir, doit être l’occasion pour les citoyennes et citoyens des communes concernées, d’exprimer leurs exigences afin que le futur Conseil Métropolitain prenne des décisions fortes et lisibles en rupture avec les orientations politiques de ces dernières années.

 

J’estime que les communes doivent être le centre de gravité de la future métropole qui doit respecter leur souveraineté et leur donner les moyens de leur développement.

 

Selon moi, la future métropole doit veiller à renforcer la solidarité entre les communes, l’égalité entre les territoires avec des services publics efficaces renforcés avec les créations d’emplois nécessaires. Elle doit agir pour une ré-industrialisation des territoires et des services qui lui sont liés en développant la formation et l’emploi des jeunes, et en combattant la précarité dont ils sont victimes. Elle doit apporter des réponses aux énormes besoins de logements diversifiés avec des logements sociaux de qualité et accessibles à tous. Elle doit développer l’offre publique des réseaux de transports collectifs, métros, tramways et bus et abandonner le TOP fortement rejeté par les populations. Elle doit jouer un rôle moteur pour le développement durable avec notamment une l’amélioration de la qualité de l’air, la performance énergétique des bâtiments, le traitement des déchets, la sécurité industrielle.

 

Ces exigences doivent être portées par les communistes et leurs élus-es dans les villes, au Conseil Communautaire et demain au sein du Conseil Métropolitain.

 

Les communistes de notre département affirmeraient ainsi leur volonté de construire une agglomération solidaire, plus proche des citoyens, qui fasse le choix de répondre aux besoins sociaux, de reconstruire l’égalité entre les territoires, de combattre les inégalités sociales avec le développement des services publics et d’avoir un fonctionnement plus transparent et plus démocratique des collectivités locales dont en premier lieu le futur Conseil Métropolitain.

 

Je constate que cela ne fut pas la volonté de Gérard Collomb ces dernières années. Il réaffirma par ailleurs dans sa campagne électorale son objectif de faire le TOP et d’être toujours plus actif pour construire un territoire d’excellence, compétitif et attractif pour les puissances financières contre les hommes et les territoires.

 

Tel n’est pas non plus le cap de la politique de Manuel Valls présenté à l’Assemblée Nationale. C’est une nouvelle et grave cure d’austérité qui est affirmée, le démembrement des socles de notre organisation territoriale qui va affaiblir les territoires, les mettre en compétition en aggravant les inégalités, le recul de la solidarité avec l’affaissement de notre protection sociale et une grave atteinte aux moyens des collectivités locales qui sont appelées à participer à l’effort d’abaissement des finances publiques avec une réduction de 10 milliards de leurs dotations,.

 

Les métropoles seront les fers de lance de cette politique néolibérale qui va créer de nouvelles fractures entre notre peuple et le politique.

 

Au regard de ces enjeux importants et compte tenu de la rapidité des décisions à prendre, j’ai fait part d’abord à Daniel Lebail secrétaire fédérale, et ensuite au Conseil Départemental de la fédération du Rhône du PCF qui se tenait cette semaine, de mon opinion sur les deux questions centrales auxquelles sont confrontés les communistes du département du Rhône.

 

La première, à quelles conditions les communistes peuvent-ils s’engager pour favoriser la constitution d’une majorité de gauche au conseil communautaire qui pourrait se traduire par l’élection d’un président de gauche notamment Gérard Collomb qui est candidat pour le Parti Socialiste ?

 

La seconde, en cas d’existence d’une majorité de gauche, faut-il que les 9 élus-es conseillers communautaires communistes participent au nouvel exécutif ?

 

Concernant la première question, si en apparence il va de soi, que les communistes doivent favoriser la mise en place d’une majorité de gauche pouvant aller jusqu’à l’élection d’un président de gauche, pour autant ils ne peuvent pas accepter que les choses continuent en l'état. Les choix politiques et le fonctionnement du Grand Lyon doivent bouger et les communistes ne sont pas les seuls à le demander.

 

En ce sens je partage l’idée émise au CD de la fédération que nous sollicitions Gérard Collomb pour lui transmettre nos exigences qui sont autant de conditions.

 

Je ne me fais guère d’illusion sur sa réponse. Dans la période, il cherche surtout à constituer une majorité dans le secret des tractations de personnes plutôt situées à droite sur l’échiquier politique. Il sera, à mon avis, plutôt très favorable à la création d’une union sacrée que Valls souhaite à son niveau pour faire accepter une politique d’austérité aggravée.

 

Il n’est pas admissible que la majorité de la plus grande collectivité après Paris se constitue ainsi. En tout état de cause, si rien ne devait bouger dans le bon sens en termes d’orientations, d’objectifs et de méthode de gouvernance, faut-il à tout prix consentir à voter pour une telle majorité ? Ne faut-il pas envisager notre abstention voire la présentation d’un candidat de notre groupe à la présidence ?

 

Concernant la seconde question touchant à notre participation éventuelle à l’exécutif.

 

Permettre à une majorité de gauche d’exister pour gérer la Métropole dans les conditions définies ci-avant, ne signifie pas que nous devrions participer à l’exécutif.

 

En effet, comment concevoir d‘un côté les députés communistes et du Front de Gauche refuser la confiance au nouveau gouvernement et d’un autre côté voir les élus communistes au Grand Lyon participer à la gestion de la métropole qui sera un des fers de lance de l’austérité imposée aux collectivités territoriales. D’autant que nos députés et sénateurs se sont battus avec ténacité contre les orientations contenues dans la loi sur les métropoles qu’ils n’ont pas votée !

 

Il s’agirait d’une position incompréhensible par les citoyens qui viennent de sanctionner lourdement la politique d’austérité et qui souhaitent voir les communistes et leurs élus jouer un rôle de combat contre le libéralisme et pour l’émergence d’un vraie alternative sociale et démocratique à la politique actuelle.

 

Ne pas participer à l’exécutif ne nous isole pas puisque cela nous met en phase avec des milliers d’habitants de l’agglomération et notamment celles et ceux qui attendent autre chose de la part de l’agglomération que ce que Collomb a fait et veut en faire. Une telle posture nous oblige encore plus à prendre des initiatives de lutte, de débats, de rassemblements, sous toutes les formes possibles, afin de permettre une l’intervention citoyenne nécessaire pour conquérir une orientation politique de la métropole conforme à leurs attentes.

 

Des camarades et des élus peuvent penser le contraire C’est leur droit, mais pour le moins cela nécessite, aux regards des enjeux, plus que jamais l’organisation d’un vrai débat démocratique avec l’ensemble des communistes du Rhône qui doivent pouvoir se prononcer dans chacune de leur section et ville puisque toutes sont concernées par la future métropole.

 

Mettons à profit la consultation des communistes sur les européennes pour avoir ce débat important avec eux, les écouter et prendre des décisions en conformité avec leur opinion. La direction fédérale du Rhône du PCF et nos 9 élus-es seront beaucoup plus sereins pour faire le choix de leur posture qui sera collective et non l’affaire de quelques-uns.

 

Pierre Bénite le 10 avril 2014

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:57
Lancement de la campagne pour les Européennes
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 07:21
Monique Pinçon-Charlot  : « Pourquoi ne pas organiser un meeting devant Goldman Sachs ? »

 

Avec Michel Pinçon, la sociologue Monique Pinçon-Charlot fait partie des deux-cents personnalités qui ont appelé à manifester le 12 avril « contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses ». Elle s’exprime sur la politique du PS et les formes de la contestation.

 

Regards. La mobilisation actuelle contre les politiques de François Hollande est-elle suffisante ?

 

Monique Pinçon-Charlot. Non, la contestation n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation. Il nous a donc paru normal de répondre positivement à la proposition qui nous a été faite d’appeler à la manifestation contre l’austérité. Ce mouvement unitaire qui rassemble le Front de gauche et le NPA, Solidaires, la FSU ou encore Attac, va dans le bon sens. Même si je ne me fais pas d’illusion sur les objectifs variés des partis qui appellent à cette manifestation. Organisé entre les municipales et les européennes, l’événement sert à mobiliser un électorat qui pourrait être tenté de boycotter ces échéances, afin de le convaincre de voter Front de gauche au premier tour et blanc au second en l’absence de candidats de la vraie gauche, dans laquelle le PS ne mérite plus d’être catalogué.

 

« Il ne faut pas laisser l’oligarchie tranquille »


C’est aussi une tentative de redonner de la visibilité à la gauche face au poids des droites dans l’espace public et médiatique ?

 

Absolument. On nous vole notre langage, notre visibilité dans la rue, notre solidarité pour mieux nous diviser. Il ne nous restera bientôt ce que j’appelle la "guerre des petits chefs" et nous serons alors tristement minables. Face à nos difficultés à être présents dans les médias, nous regrettons beaucoup le manque de visibilité de la gauche radicale dans l’espace public qui nous appartient.

 

À chaque fois, les "révolutions arabes" se sont déroulées à partir d’une place ou d’un square devenus le lieu de rassemblement des mécontents de tout poil. Ce que je vais dire peut paraître naïf, mais pourquoi n’organiserions-nous pas des manifestations ciblées ? Pour passer au journal de 20 heures, il faut être visible et provocant, comme lorsque l’association Droit au logement a organisé avec notre aide une manifestation à Neuilly, pour protester contre le fait que celle ville refuse de construire des HLM. Il n’y avait pas beaucoup de monde mais beaucoup de casseroles. Et scotchés à leur balcon, parfois agressifs, les Neuilléens n’en revenaient. Il ne faut pas laisser l’oligarchie tranquille.

 

Aujourd’hui, nous pourrions imaginer un cortège ciblé sur le thème de la finance spéculative, avec un meeting devant Goldman Sachs, la BNP, la Société générale ou l’agence de notation Fitch Ratings. Nous pourrions aussi envisager un énorme pique-nique militant dans le bois de Boulogne, par exemple, pour expliquer que 25 hectares sont squattés par les plus riches, avec la complicité de la municipalité socialiste de Paris.

 

Les rituels que sont les manifestations traditionnelles sont-ils dépassés ?

 

Non. L’un n’empêche pas l’autre et on a besoin des grandes messes. Les grands bourgeois baignent dans des rituels qui les rendent plus forts. Pour nous, c’est pareil : il reste important et rassurant de se voir, de se compter, de se retrouver.

 

« Partis politiques et intellectuels devraient davantage travailler ensemble ! »


Les intellectuels ont-ils un rôle à jouer particulier dans l’organisation de la contestation ?

 

Nous souhaitons les impliquer au cœur du dispositif des partis, par exemple au travers d’associations provisoires, en créant une dynamique d’appel à des spécialistes de certains sujets en fonction des manifestations ciblées.

 

J’aimais bien l’idée du Front de gauche de permettre à chacun de conserver sa spécificité et à tout le monde d’avancer main dans la main. Partis politiques et intellectuels devraient davantage travailler ensemble ! En ce qui nous concerne, nous n’avons pas de mal à nous frotter au PCF, au Parti de gauche, au NPA et même à LO qui nous avait invités au printemps. Cette relation d’échange nous rend service mutuellement. Aujourd’hui, je ne suis pas sûre que beaucoup d’intellectuels pourraient valider cela. Pourtant, ce que nous avons réalisé devrait être généralisé.

 

Vous revenez dans votre dernier livre, La Violence des riches (éd. Zones, 2013), sur la longue histoire des « trahisons » du Parti socialiste…

 

La conversion, ou plutôt la trahison totale de la gauche socialiste, est mise en place en 1982. C’était déjà le dessein de François Mitterrand qui, pour essayer d’éradiquer l’énorme contestation portée par le Parti communiste, avait décidé d’épouser ce dernier et de le tuer. Les difficultés davantage idéologiques qu’économiques liées aux nationalisations ont permis de créer l’événement de 1982 [Le tournant de la rigueur, ndlr].

 

Le livre de François Hollande, La gauche bouge, fait partie des divers épisodes qui actent le fait que la gauche est définitivement acquise au néolibéralisme, au nom de la modernité et du changement. Tout s’embrase en 1986, quand Pierre Bérégovoy et son directeur de cabinet Jean-Charles Naouri libéralisent tous les marchés à court et long terme. Et dès que le mur de Berlin s’écroule, Jacques Delors, alors à la Commission européenne, n’a de cesse d’être à la botte des patrons européens qui exercent des pressions énormes pour intégrer les anciens pays d’Europe de l’Est afin de faire du dumping social et déréguler le marché du travail. La directive sur les travailleurs détachés de décembre 2013 est en réalité mise en place depuis 1991. Aujourd’hui, cette politique se systématise.

 

« Les élections sont données en pâture aux classes moyennes intellectuelles »


Êtes-vous étonnée que François Hollande n’ait pas infléchi sa politique à l’issue de municipales aux résultats catastrophiques pour le PS ?

 

On ne s’attendait pas à autre chose ! Nous ne vivons plus du tout dans une démocratie représentative, les élections sont données en pâture aux classes moyennes intellectuelles, pour leur faire croire qu’elles sont dans un pays démocratique et de respect des droits de l’Homme.

 

En réalité, les riches mènent une guerre des classes qui est terrible et le sera bien plus à l’avenir. Nous ne nous faisions donc aucune illusion. Je viens d’avoir un banquier au téléphone qui me dit : « Je ne suis ni de droite ni de gauche, mais je peux vous assurer que pour la banque, les socialistes c’est très bien ».

 

Quant au Pacte de solidarité, c’est un écran de fumée, car il propose des mesures incompatibles avec un Pacte de responsabilité aux ordres du Medef qui va aboutir à des économies par dizaines de milliards d’euros.

 

Les remous au sein de l’aile gauche du PS, qui appelle à « un tournant économique majeur », témoignent-ils d’un cap franchi par ce parti ?

 

Je suis embarrassée. J’ai découvert l’aile gauche du PS à la Rochelle dans une table ronde à laquelle j’ai participé avec les ministres Benoît Hamon et Bernard Cazeneuve, autour des paradis fiscaux. Lesquels sont pour eux une espèce d’entité réifiée qui attaque les États. Je suis intervenue pour préciser que la classe oligarchique leur est transversale et que Bercy est le lieu d’une complicité entre ces deux échelons. Un ministre socialiste du Budget a eu de l’argent dans des paradis fiscaux !

 

J’ai été invitée à déjeuner à Bercy par Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Benoît Hamon, mais je reste malgré tout très perplexe. Attendons de voir le résultat du vote de confiance qu’ils vont sûrement approuver. Leur parole est visible, pas la nôtre, ils ont accès aux médias, pas nous.

 

La droite et le PS se fichent bien que l’on dénonce un système inégal et des injustices. La seule chose sur laquelle ils ne plaisanteront jamais, c’est notre capacité à envisager le changement.

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 09:21
Réaction de Patrick Le Hyaric au discours de Valls

 

Valls se prend pour Clémenceau et appelle chacune et chacun à devenir des fantassins de la guerre économique

 

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls vient de prononcer son discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale où il aura alterné le ton « d’un chanteur lyrique » en nous parlant de la grandeur de la France et celui « d’un chef comptable »  pour nous vendre l’austérité.

 

Il a fait semblant, dans le début de sa déclaration de politique générale, de porter une analyse lucide sur la grave crise sociale et démocratique qui secoue notre pays, au sortir de la séquence électorale qui vient de s’achever. Mais le MEDEF fut vite rassuré, car Manuel Valls n’allait répondre ni aux attentes, ni aux besoins des citoyens qui ont, chacun à leur façon, exprimé leur refus de l’austérité. Son discours était construit pour nous faire accepter ou tenter de nous convaincre que les sacrifices d’aujourd’hui seront récompensés demain.

 

Autrement dit, la déception envers les dirigeants politiques, le désenchantement envers la politique et la colère due aux souffrances des classes travailleuses, des retraités, des chômeurs, des femmes et des jeunes ne seraient qu’une histoire de communication et de pédagogie concernant la politique pratiquée par ce gouvernement.

 

Jamais dans son monologue de 45 minutes, il n’a évoqué le coût du capital, représenté par les milliards de dividendes et d’actions qui partent dans la poche des actionnaires, ou encore la fuite des capitaux dans les paradis fiscaux.

 

Tout son exposé a consisté à faire accepter à nos concitoyens l’idée que la France doit s’insérer dans la guerre économique que se livrent les marchés financiers et les entreprises à l’échelle mondiale. Et surtout il enferme son action dans l’étau « austéritaire » et l’inscrit dans le programme de stabilité européen et la trajectoire budgétaire conduisant à la règle d’or.

 

Il a demandé à chacune et chacun qui souffre déjà beaucoup de faire plus de sacrifices car il justifie les résultats aux élections municipales par le fait que ses prédécesseurs n’ont pas donné « assez de sens aux sacrifices ». C’est du Clemenceau dans le texte.

 

Il défend le pacte de responsabilité qui est en fait un pacte de connivence  avec les puissances de l’argent puisque 30 milliards d’euros seront pris directement dans le portefeuille des salariés et des assurés sociaux pour aller remplir la tirelire déjà bien pleine du grand patronat. De surcroît, le Premier ministre enfonce le clou, en proposant d’exonérer de toutes cotisations patronales, les salaires au niveau du SMIC au 1er janvier 2015. Autrement dit, il vient de niveler les salaires par le bas en décourageant toute embauche au-delà du SMIC, tuant également tout espoir d’augmentation pour l’ensemble des salariés payés au salaire minimum.

 

Continuant sur sa lancée, Manuel Valls ajoute la suppression des impôts sur la production c’est-à-dire la baisse de la fiscalité sur les plus values et sur les profits, contrairement aux impôts sur la consommation, c’est-à-dire la TVA et la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui ont augmenté et qui touchent le plus grand nombre.

 

Le pacte de solidarité est donc un trompe l’œil puisque la baisse des cotisations patronales est une perte sèche pour les salariés, car c’est une partie de leur salaire -même différé- qui leur est enlevée, ce qui menace grandement la protection sociale, l’assurance chômage et même des retraites.

 

Avec la même logique et le même cynisme, il vient de porter un coup de grâce à notre architecture territoriale en exigeant pour 2017 la création d’euro-régions qui seront branchées sur les institutions européennes, tout comme les nouvelles intercommunalités prévues pour 2018. Et le risque est grand de voir disparaître nos départements qui sont un des socles et un des leviers des politiques de solidarité en France.

 

Il y a donc urgence à réussir la marche de samedi prochain, 12 avril,  contre l’austérité avec les forces du Front de Gauche et les 200 personnalités mobilisées pour modifier le rapport de force et construire une véritable alternative à gauche, porteuse d’un changement radical, qui place l’Humain au cœur de son action.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:19
Economie : la politique néolibérale est confirmée par Valls

08 avril 2014 | Par Laurent Mauduit - Mediapart.fr

 

Avec le « pacte de responsabilité » et le plan d'austérité de 50 milliards d'euros, Manuel Valls accélère la politique économique néolibérale de son prédécesseur. Mais il s'expose à de nouvelles polémiques : sur la « trappe à bas salaires » que pourraient engendrer les allègements de cotisations sociales, ainsi que sur le tour de passe-passe concernant le pouvoir d'achat.

 

En annonçant qu’il avait choisi de nommer Manuel Valls à Matignon, en remplacement de Jean-Marc Ayrault, François Hollande avait clairement fait comprendre qu’il entendait ne tirer aucune leçon, ou presque, de la sanction sans précédent des élections municipales, et maintenir le cap de sa politique économique.

 

Le discours de politique générale de Manuel Valls, ce mardi 8 avril, devant les députés, en apporte la confirmation. Bien que la majorité ait en partie implosé, que les Verts aient décidé de ne plus faire partie du nouveau gouvernement ou encore que le groupe des parlementaires socialistes soit entré en rébellion, l’orientation économique et sociale est quasi inchangée : plus que jamais, cap sur le néolibéralisme et sur l’austérité renforcée…

 

Dans leurs grands équilibres, les principales mesures annoncées par Manuel Valls se situent dans le strict prolongement de ce que Jean-Marc Ayrault avait déjà entrepris, et ne vont pas apaiser les critiques qui sont apparues jusque dans les rangs socialistes. Le nouveau premier ministre va mettre en œuvre le pacte de responsabilité qui était déjà annoncé, et qui va porter progressivement à 30 milliards d’euros le total des nouveaux allégements fiscaux et sociaux accordés aux entreprises. Il va aussi mettre en chantier les mesures de baisses d’impôt en faveur des contribuables les plus modestes que François Hollande avait fait miroiter en présentant ses vœux aux Français. Et il va enfin appliquer le plan d’austérité de 50 milliards d’euros d’économies déjà annoncé pour les trois prochaines années.

 

Effets d’aubaine pour les entreprises qui vont empocher les 30 milliards d’euros sans être astreintes à de véritables contreparties ; effets récessifs sur une économie anémiée d’un plan violent d’austérité : comme la politique économique et sociale de Manuel Valls n’a pas le charme de la nouveauté et n’est que la mise en œuvre d’une stratégie ancienne arrêtée à l’Élysée, les mêmes controverses vont reprendre.

 

En certains domaines, Manuel Valls a apporté des précisions sur des modalités du plan d’austérité ou sur celles du pacte de responsabilité. Et il a aussi annoncé quelques cadeaux en plus, toujours en faveur des entreprises.

 

Les mesures en faveur des ménages sont encore trop floues pour que l’on soit assuré de leur effet réel sur le pouvoir d’achat ; les mesures annoncées d’exonération des charges sociales sur les salaires au niveau du Smic risquent d’avoir un effet pervers gravissime, en créant ce que les experts appellent une « trappe à bas salaires » ; et Manuel Valls s’est bien gardé d’apporter des précisions sur le détail des 50 milliards d’économies…

 

Il faut donc procéder à un décryptage détaillé de cette déclaration de politique générale.

 

D’abord, voici cette déclaration de politique générale :

 

* Les mesures en faveur des entreprises

 

Ce qui a été annoncé – L’ancien premier ministre, sur instruction de François Hollande, avait déjà mis en œuvre le « choc de compétitivité » de 20 milliards d’euros, qui avait pris la forme d’un crédit d’impôt (baptisé Crédit d’impôt compétitivité emploi - CICE). Et François Hollande avait ensuite annoncé qu’au travers d’un « pacte de responsabilité », le total des allègements sociaux et fiscaux offert aux entreprises allait être progressivement porté à 30 milliards d’euros. Mais on ignorait encore si ces 10 milliards d’euros complémentaires d’allègement viendraient d’une suppression progressive des cotisations familiales, qui sont à la charge des employeurs, ou alors d’un recalibrage et d’une montée en puissance du CICE.

 

C’est donc sur les 10 milliards d’euros complémentaires que Valls a apporté des précisions nouvelles. Première précision : « Au niveau du SMIC, les cotisations patronales à l’URSSAF seront entièrement supprimées au 1er janvier 2015. »

 

Cette première annonce est très importante car l’URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) est un organisme de service public qui recouvre l’ensemble des cotisations de protection sociale versées par les entreprises. La mesure annoncée par Manuel Valls signifie donc que les employeurs ne paieront plus aucune cotisation sociale, de quelque nature que ce soit (santé, retraite, chômage, famille…) pour les salariés au niveau du Smic.

 

Du même coup, Manuel Valls a donc fait cette annonce complémentaire : « Le barème des allégements existant entre le SMIC et 1,6 fois le SMIC sera modifié en conséquence. Nous y consacrerons 4,5 milliards d’euros. »

 

Continuant à détailler la répartition de ces 10 milliards d’euros de cadeau supplémentaire en faveur des entreprises, Manuel Valls a fait cette autre précision : « Pour les salaires jusqu’à 3 fois et demi le SMIC, c’est-à-dire plus de 90 % des salariés, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016. Cela représente un allégement supplémentaire de près de 4,5 milliards d’euros. » Enfin, « les travailleurs indépendants et artisans, qui représentent des gisements de créations d’emplois, bénéficieront d’une baisse de plus de trois points de leurs cotisations famille dès 2015 (soit 1 milliard d’euros). »

 

Le nouveau premier ministre apporte ainsi sa patte personnelle, en gonflant encore un peu davantage les cadeaux offerts aux entreprises. C’est-à-dire en portant les allègements au-delà des 30 milliards d’euros déjà annoncés par François Hollande.

 

Ces mesures complémentaires sont les suivantes. « Pour relever l’investissement, le gouvernement agira aussi par la fiscalité. D’abord, en réduisant les impôts de production, comme la "C3S" – contribution sociale de solidarité des sociétés – payée par 300 000 entreprises. Elle sera entièrement supprimée en trois ans. Cela représente environ 6 milliards d’euros de marges supplémentaires, dont 1 milliard dès 2015 », a ainsi expliqué Manuel Valls, avant d’ajouter : « Concernant l’impôt sur le résultat des sociétés, la "surtaxe" instaurée sous la mandature précédente sera supprimée en 2016. Le taux normal de cet impôt sera par ailleurs abaissé à 28 % en 2020, avec une première étape intermédiaire en 2017. »

 

Ce qui va faire polémique – La première polémique sera celle que nous avons déjà évoquée : beaucoup observeront que François Hollande n’a tenu aucun compte de la sanction des municipales. Pis que cela ! On pourra lui faire grief au contraire d’aggraver cette politique, puisque les cadeaux aux entreprises vont dépasser les 30 milliards d’euros annoncés, pour atteindre plus de 36 milliards d’euros.

 

La deuxième critique est récurrente : il a beaucoup été reproché au gouvernement précédent d’offrir ces allègements aux entreprises, sans exiger d’elles des contreparties en termes d’emploi ou d’investissement. Et l’Insee a récemment confirmé que du même coup le pacte de responsabilité risquait surtout de gonfler… les profits (lire Le choc de compétitivité stimulera d’abord… les profits !).

 

Or, Manuel Valls n’a rien dit qui vienne apaiser ces craintes. La controverse sur les effets d’aubaine de ce plan va donc reprendre de plus belle : le nouveau gouvernement ne va-t-il pas ruiner les finances publiques seulement pour consolider les marges des entreprises ? En somme pour consolider ce capitalisme d’actionnaires ?

 

Une troisième critique coule de source. Pour la mesure d’allègement de 4,5 milliards d’euros qui concerne les cotisations familiales employeurs, Manuel Valls a fait une pirouette, en évoquant son financement : « Cela ne pénalisera en rien le financement de la politique familiale, qui se verra affecter d’autres recettes pérennes. » Ah bon ! Lesquelles ?... La formule est évidemment inquiétante. Car ces 4,5 milliards d’euros, il faudra bien les trouver. Alors, le gouvernement sera-t-il tenté de les trouver… dans la poche des familles, via par exemple un relèvement de la CSG ? Ou alors les prestations familiales seront-elles réduites ?

 

Mais à toutes ces polémiques qui vont repartir, il faut encore en ajouter une autre. Elle a trait à l’annonce de la suppression totale de toute cotisation sociale au niveau du Smic. Une telle disposition incitera très fortement les employeurs à n’embaucher qu’au niveau du Smic, et le moins possible au-dessus. Ces effets sont très connus des économistes, qui ont un vocable très précis pour définir ce processus vicieux : on parle d’une « trappe à bas salaires ».

 

Or, ce qu’il y a de particulièrement important, c’est que la France est bien placée pour connaître les effets pernicieux de cette trappe, car tout au long des années 1990, la gauche comme la droite, ont multiplié au gré des alternances ces politiques d’allègements des charges sociales pour le travail non qualifié.

 

C’est Martine Aubry, à l’époque ministre du travail, qui en a donné le coup d’envoi en 1992 en ciblant ces allègements sur le travail féminin ; et ses successeurs de droite ont suivi son exemple. Et, en France sans doute plus qu’ailleurs, la fameuse « trappe » a montré ses effets pervers : les petits boulots ou en tout cas ceux au niveau du Smic ont prospéré, contribuant à un écrasement des hiérarchies salariales.

 

Cette politique est d’ailleurs en ligne avec la doctrine néolibérale. Dans le prolongement de la « politique de l’offre », ses zélateurs recommandent d’alléger le coût du travail, surtout pour les basses qualifications. Et le résultat de cette politique est celle que l’on a pu enregistrer en France depuis vingt ans : une explosion du nombre des « working poors » – des travailleurs pauvres.

 

* Les mesures en faveur des ménages

 

Ce qui a été annoncé – Faisant mine de tirer les enseignements des municipales, François Hollande avait annoncé que le « pacte de responsabilité » serait complété par un « pacte de solidarité ». C’est donc ce volet complémentaire que Manuel Valls a annoncé.

 

« Le meilleur moyen, c’est d’agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois. Dès le 1er janvier 2015, elles seront diminuées pour les salaires au niveau du SMIC pour procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire. C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au SMIC. Ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 fois le SMIC », a ainsi annoncé le nouveau premier ministre.

 

Par ailleurs, a-t-il ajouté, « mon gouvernement proposera d’alléger la fiscalité pesant sur les ménages modestes, en particulier ceux qui sont entrés dans le champ de l’impôt sur le revenu ces dernières années alors même que leur situation ne s’était pas améliorée. L’ensemble de ces mesures en faveur des ménages modestes représentera 5 milliards d’euros à l’horizon 2017 ».

 

Ce qui va faire polémique – La première mesure a une faille que l’on devine facilement : Manuel Valls n’a pas évoqué son financement. Mais c’est peut-être... plus qu’une faille : il se pourrait que ce soit un pur et simple tour de bonneteau. En clair, cette disposition présentée comme une mesure en faveur des salariés modestes pourrait être financée… par les salariés modestes eux-mêmes.

 

Avant même les élections municipales, l’Élysée et Bercy travaillaient en effet à une mesure de financement qui pouvait prendre la forme d’une suppression, au moins partielle, de la Prime pour l’emploi (PPE) qui avait été créée sous Lionel Jospin pour veiller à ce qu’un chômeur puisse reprendre une activité sans que son nouveau salaire soit… inférieur à ses indemnités chômage. Il s’agissait en somme d’une prime pour inciter les salariés modestes à revenir sur le marché du travail.

 

Il serait donc stupéfiant que Manuel Valls ose présenter comme une aide au pouvoir d’achat des salariés modestes une mesure qui serait… à leur charge ! Conscient que la pilule serait difficile à faire passer, les « technos » de Bercy ont, semble-t-il, amendé en dernière minute le dispositif, pour que le financement de la mesure ne pèse pas tout de suite, ou pas totalement, sur les salariés les plus modestes, et que ce financement n’intervienne que progressivement.

 

Il n’empêche ! Le simple fait que Manuel Valls n’ait pas précisé le financement de la mesure en dit long : il s’agit d’une mesure en forme de bout de ficelle. Juste pour faire semblant ; juste pour faire croire que la politique économique du gouvernement n'est pas au bénéfice exclusif des entreprises et surtout de leurs actionnaires…

 

La seconde disposition sur la fiscalité appelle les mêmes réserves. Car, faute de précision de Manuel Valls, deux cas de figure sont possibles.

 

Premier cas de figure : comme Mediapart l’avait révélé en début d’année, des décisions fiscales prises ces derniers mois vont conduire à de violentes hausses d’impôt à l’automne prochain, dont l’opinion n’a pas encore pris la mesure (lire Vers un nouveau choc fiscal pour les ménages). Le gouvernement pourrait avoir l’ambition de seulement freiner ou annuler des hausses, dont les contribuables n’ont pas encore pris la mesure. En quelque sorte, il n’y aurait donc pas de baisses d’impôt mais seulement… une annulation des hausses prévisibles ! Dans cette hypothèse, il s’agirait donc aussi d’un tour de bonneteau.

 

Seconde hypothèse : le gouvernement pourrait envisager une baisse de l’impôt, en la présentant comme une mesure pour les foyers modestes. Au début de son discours, d’une formule, Manuel Valls a fait cette allusion : « Il y aussi cette exaspération quand, à la feuille de paie déjà trop faible, s’ajoute la feuille d’impôt trop lourde. »

 

Mais là encore, cette orientation pourrait susciter la polémique, en tout cas à gauche. Car les socialistes avaient promis non pas de conduire une politique néolibérale de baisse des impôts, mais de refonder un impôt citoyen et progressif, ce qui n’a rien à voir. En somme, ils avaient promis non pas de démanteler encore un peu plus l’impôt sur le revenu mais de le refonder, en le fusionnant avec la CSG.

 

De surcroît, on sait l’hypocrisie d’une baisse des tranches basses de l’impôt sur le revenu. Comme il s’agit d’un prélèvement progressif, toute mesure de ce type profite aussi… aux plus hauts revenus.

 

* Le plan d’austérité

 

Ce qui a été annoncé – Le volet sur le plan d’austérité et sur les 50 milliards d’euros d’économie était sans doute celui qui était le plus attendu. Mais c’est aussi celui sur lequel Manuel Valls a été le moins explicite.

 

Il s’est borné à quelques indications. D’abord sur le calendrier : « Fin avril, l’Assemblée nationale sera saisie du programme de stabilité et de la trajectoire des finances publiques. Au début de l’été, un projet de loi de finances rectificative traduira les économies nouvelles que nous aurons proposées. Et il y aura évidemment le rendez-vous crucial de la loi de finances initiale. »

 

Et ensuite, il a juste apporté ces précisions : « Je vous propose un changement de rythme pour éviter tout recours à l’impôt et financer le redressement de notre économie : 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans de 2015 à 2017. L’effort sera partagé par tous. L’État et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros. 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales. Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations. »

 

Tout en récusant le terme d’austérité, le nouveau premier ministre n’a pas été plus disert. Il a seulement indiqué qu’il fallait trouver un juste équilibre entre le besoin impérieux de redresser les comptes publics, mais sans casser la reprise de la croissance.

 

Ce qui va faire polémique Le grief essentiel auquel Manuel Valls va devoir faire face au cours des prochains jours est celui de ne pas avoir joué cartes sur table et de n’avoir pas dit la gravité des mesures d’austérité qui sont déjà dans les tuyaux.

 

On sait en effet que François Hollande a lui-même organisé à l’Élysée ces derniers mois des réunions de travail pour préparer des coupes claires violentes (lire Et revoici la RGPP !). Et c’est ce plan d’austérité, qu’il n’a pas élaboré, que Manuel Valls va devoir appliquer. Bercy a même bien fait les choses. Comme pour forcer la décision, les principales pistes ont fait l’objet de fuites savamment calculées, notamment, lundi, à destination des Échos.

 

On a ainsi appris que l’Élysée réfléchissait à une véritable purge. Pour parvenir aux 19 milliards d’économies sur l’État et les principaux opérateurs publics, des pistes explosives seraient à l’étude comme le maintien du gel des salaires des fonctionnaires jusqu’en 2016 (il est déjà en vigueur depuis 2011) ; la remise en cause de 10 000 à 15 000 des 60 000 créations de postes dans l’éducation nationale, qui étaient pourtant la promesse phare du candidat Hollande ; la réduction d’au moins 3 milliards des dotations aux opérateurs publics ; la réduction des contrats aidés et le durcissement des critères de l'allocation de solidarité spécifique pour les chômeurs en fin de droits ; la limitation drastique des dépenses de santé ; la limitation de certaines prestations familiales…

 

En résumé, les cadeaux aux entreprises ont même été renforcés tandis que la violence du plan d’austérité s’est précisée. Voilà donc la tâche qui attend Manuel Valls : il va devoir imposer au pays une politique économique qui vient tout juste d’être… censurée, sinon par le Parlement, du moins par les électeurs lors des municipales.

 

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:22
Quand on est de gauche ... !
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 10:53

 

« La nouvelle a été reçue très positivement dans les sphères financières. » Tout est dit. Les analystes de la Société Générale, banque qui fut une des plus engluées dans la crise des subprimes en 2008, adoubent la nomination de Manuel Valls au poste de premier ministre. Tout comme le monde patronal.

 

Le locataire de Matignon a fait ce qu’il fallait, plaidant pour ajouter le terme de « libéralisme » dans les textes du Parti socialiste lors du dernier congrès.

 

Il faut le reconnaître, François Hollande fait preuve d’une certaine cohérence : après avoir enterré dès son élection le discours du Bourget censé combattre le pouvoir de la finance, avoué deux ans plus tard son adhésion aux idées de la social-démocratie, il choisit un premier ministre qui incarne la rupture avec le « socialisme » du PS, ne verrait pas d’un mauvais œil la suppression des 35 heures et milite pour la TVA sociale.

 

Tout cela annonce une accentuation de la cure d’austérité et une aggravation de la crise politique découlant d’une crise sociale sans précédent dans notre pays.

 

Le désaveu s’est révélé historique dimanche. Mais le président de la République persiste, droit dans ses bottes il annonce la poursuite d’une politique libérale qu’il voudrait teinter d’un peu de vernis social, mais dans le discours.

 

Personne ne croit sérieusement à cette démagogie. La feuille de route annoncée sur un « pacte de solidarité » est tout simplement intenable.

 

C’est une question d’arithmétique : on donne 50 milliards aux patrons que l’état voudrait récupérer par une baisse équivalente des dépenses publiques !

 

Déjà circulent l’arrêt des embauches dans l’éducation pourtant prévues jusqu’en 2017, la poursuite du maintien du gel de l’indice des fonctionnaires, une réduction de 10 milliards des dotations aux collectivités territoriales et une baisse de 23 milliards des dépenses de santé !

 

Le droit à la santé, les services publics, l’action sociale des communes et la sécurité sociale sont directement menacés par cette politique qui se nomme social-libéralisme et dont les métropoles seront demain les fers de lance !

 

En contre partie le patronat ne veut rien céder en termes d'emploi ou de salaire, pire il en réclame encore plus, les actionnaires et les banques se frottent les mains, même la droite se détend avec Lefebvre, sarkosyste de la première heure, qui annonce qu’il pourrait voter la confiance !

 

Des passerelles dangereuses sont en train de se construire pour obtenir l'union sacrée. Les maires de droite qui ont conquis de nombreuses villes, mais aussi certains maires PS vont chercher à construire cette union sacrée en intégrant des élus de gauche voire apolitiques à la cogestion de l’austérité imposée à leur ville. Autant de pièges qu’il nous faut éviter !

 

Dès lors, s’ouvre une période qui va amener d’utiles clarifications.

 

L’aile gauche du Parti socialiste et une cinquantaine de députés menacent de ne pas voter la confiance au gouvernement à l’Assemblée nationale. Ils réclament une remise à plat du pacte de responsabilité et fustigent les objectifs de baisse des déficits publics. Iront-ils au bout ? Henri Emmanuelli, cacique du PS, a averti que son vote de confiance n’était pas acquis. Ira t-il au bout ?

 

Le Front de gauche n’a pas d’hésitation. Ses députés voteront contre « la continuité libérale », selon les termes du président du groupe, André Chassaigne.

 

Depuis deux ans, le peuple de gauche peine à trouver le chemin pour exprimer son aversion de l’austérité. Alors que les urgences se multiplient, des divisions persistent au sein du mouvement social et constituent un handicap pour créer un rapport de forces.

 

La marche contre l’austérité du 12 avril pourrait bien ouvrir une autre séquence.

 

Lancée par 200 personnalités, représentant largement la gauche politique, diverses forces syndicales, mais aussi de nombreux artistes et militants associatifs, elle souffle un vent revigorant d’unité qui promet déjà de ne pas rester sans lendemain.

 

De nouveaux enjeux cruciaux !
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