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Peine De Mort

2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 19:11

 

 

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14 millions de personnes dans la rue pour exiger le départ de Morsi

"Le peuple dit non à Morsi et aux Frères"

 

 

"Le peuple s'est prononcé : à bas Morsi et les Frères", titre le quotidien égyptien Al-Nasri Al-Youm à propos des manifestations du 30 juin.

 

"Des millions de personnes" se sont rassemblées sur la place Tahrir au Caire et dans de nombreuses autres villes du pays pour réclamer la démission du président Mohamed Morsi et "lancer une nouvelle révolution". Il s'agit de la suite de la campagne de collecte de signatures Tamarrod ("révolte"), qui réclame des élections anticipées et revendique 22 millions de signatures.

Des manifestants continuent de camper place Tahrir et "donnent jusqu'au 2 juillet pour que Morsi démissionne".

 

"Les hélicoptères de l'armée tournaient au-dessus de la foule, pour la protection et en soutien à celle-ci", écrit le journal, alimentant la thèse d'un possible retour au pouvoir des militaires, avec le soutien de l'opposition.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 18:53

 

 

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Delphine Batho, la ministre de l'Ecologie,

virée du gouvernement

Le président a mis fin à ses fonctions sans discussion. L'autoritarisme vient complèter la politique d'austérité. Tout doit être en ordre du marche, pas une mouche ne doit voler au PS..... mais les militants se laisseront-il brimer?

 

C'est la première sanction infligée à un ministre de François Hollande. La ministre de l'Ecologie, qui a jugé "mauvais" le budget préparé pour 2014, ce matin sur RTL, a été remerciée par François Hollande, mardi 2 juillet. "Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a mis fin aux fonctions de Madame Delphine Batho et a nommé Monsieur Philippe Martin, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie", indique le communiqué.

 

Un peu plus tôt dans la journée, elle avait été convoquée à Matignon. Pour enfoncer le clou, les services de Jean-Marc Ayrault ont fait connaître cette décision sur Twitter avec le compte officiel de Matignon. Peu avant ce message, la ministre, qui participait à un débat à l'Assemblée nationale sur la transposition de directives européennes dans le domaine du développement durable, avait demandé une suspension de séance, pour ensuite revenir, à la reprise des travaux, au banc du gouvernement. Faut le faire !

 

Interrogée mardi matin sur RTL à propos de la baisse de 7% des crédits envisagée pour son ministère, Delphine Batho a estimé qu'il fallait au contraire soutenir l'écologie : "Je souhaite que dans les jours qui viennent, nous puissions faire la démonstration que la volonté de faire de la France la nation de l'excellence environnementale, la transition énergétique, ne sont pas des variables d'ajustement."

 

C'est la première fois, sous le quinquennat Hollande, qu'une ministre est remerciée pour ses propos critiques vis-à-vis du gouvernement. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui, à plusieurs reprises, a marqué sa différence avec le chef du gouvernement, n'a jamais été recadré publiquement. Mais lui c'est un spécialiste du double langage qui fait bien l'affaire du PS. C'est du canada-dry ...

 

"Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes", avait pourtant dit le ministre du Redressement productif au Premier ministre, selon des propos rapportés dans un livre. Dans le JDD, Jean-Marc Ayrault avait confirmé d'un simple "oui" l'exactitude de ces propos.

 

Le seul précédent comparable est l'éviction de la prédécesseur de Delphine Batho, Nicole Bricq, débarquée pour son opposition aux forages pétroliers en Guyane. Mais cette dernière avait été recasée immédiatement au ministère du commerce extérieur.

 

Le 2 juillet 2013

 


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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 18:43
Le non socialiste au Medef!

La loi sur la sécurisation de l’emploi a été promulguée le 14 juin.
Dernier « coup de pied de l’âne », le Conseil constitutionnel a modifié l’article 1 concernant la complémentaire santé permettant ainsi aux employeurs de choisir l’organisme assureur. Les assurances privées peuvent être satisfaites car un marché s’ouvre à elles. Celles et ceux qui avaient vu dans cette disposition une avancée majeure, pour… 2016, doivent s’interroger.
 
Si la loi a introduit quelques modifications à l’ANI, il reste l’essentiel des dispositions que nous contestions dans notre appel - en tant que militants, élus, responsables socialistes - sur la mobilité, les licenciements économiques, la hiérarchie des normes.
 
D’ores et déjà des employeurs engagent des négociations permettant, sans justification économique ou plan stratégique à moyen terme, de gérer des mobilités contraintes ou des suppressions d’emplois.
 
L’essentiel de notre appel concernait cette loi, même si nous avions élargi aux questions sociales de manière plus générale. Nous mettons donc un terme à l’activité de notre site tout en espérant vous retrouvez aussi nombreux ou plus nombreux sur d’autres thématiques.
 
Nous avons décidé de nous mobiliser en Seine-Maritime sur la question des retraites, comme nous l’avions fait en 2010 pour refuser tout allongement de la durée de cotisation, report de l’âge légal et toute baisse des pensions.
C’est pour une autre répartition des richesses assise sur de nouveaux prélèvements du secteur financier ou sur une hausse des cotisations patronales que nous comptons nous mobiliser.
 
À très bientôt pour cet autre « Non socialiste au Medef » qui peut nous rassembler avec toute la gauche.
 
Jean- Claude Branchereau,
Olivier Mouret,
membres du bureau fédéral PS 76
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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 07:43

 

 

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Le PS prépare pour 2014 un budget

d’austérité historique

 

Outre la baisse globale des dépenses programmée par le gouvernement, le rapporteur général de la commission des finances, Christian Eckert (PS), n’exclut pas une hausse des impôts afin de respecter les engagements européens de la France. La fameuse règle d’or inventée par Sarkozy et reprise par Hollande dès son arrivée à l’Elysée.

 

Le projet de loi de finances pour 2014 s’annonce comme un budget d’austérité historique. 

 

Refusant d’augmenter les impôts au-delà de la hausse de la TVA déjà destinée à financer le crédit d’impôt compétitivité emploi (20 milliards sans contrepartie pour les entreprises), le gouvernement va concentrer son action sur les dépenses avec une réduction drastique de l’emploi public. Toute la semaine déjà les médias, mis en situation par Migaud (Président de la cour des comptes) ont fait haro sur les fonctionnaires, histoire de préparer l’opinion avec ces boucs émissaires.

 

« C’est la première fois depuis 1958, depuis les débuts de la Ve République, qu’on va proposer au Parlement une diminution des dépenses de l’État », martèle ainsi le premier ministre Jean-Marc Ayrault. D’ordinaire c’est la droite qui se vante de telles prouesses de gestion libérale ! En fait il y a compétition pour savoir qui de la droite ou du PS impose le mieux l’austérité aux français !

 

Le gouvernement doit réaliser 13 milliards d’euros d’économies en 2014, reparties sur les collectivités locales, la sécurité sociale et l’État. Outre la reconduction de la purge réalisée en 2013 (7 milliards d’euros), 6 milliards d’économies supplémentaires sont programmées, dont une réduction de 1,5 milliard des dépenses de l’État, hors charge de la dette et des pensions. Sur les 29 missions du budget général, 17 voient leur crédit de paiement diminuer !

 

Sans surprise, les secteurs gagnants correspondent aux priorités affichées. Par rapport à 2013, la mission Travail et emploi connaît la plus forte hausse (+  6,7 %). Cette augmentation doit permettre de financer les nouveaux dispositifs de lutte contre le chômage : contrats aidés non marchands (340 000, comme en 2013), emplois d’avenir (150 000) et contrats de génération (100 000). Mais il serait vraiment scandaleux que ces crédits supplémentaires viennent alimenter les caisses patronales sous la forme de nouvelles exonérations de cotisations sociales ou diverses primes d’état, au moment même où l’austérité vient plomber les comptes sociaux !

 

La prégnance de la crise se traduit par ailleurs par le recrutement de 2 000 agents à Pôle emploi (comme en 2013) et une hausse de la mission Solidarité, insertion et égalité des chances (+ 3,2 %), qui finance notamment le Revenu de solidarité active (RSA) ainsi que le plan de lutte contre la pauvreté.

 

Les autres correspondent essentiellement aux rares secteurs qui recruteront : l’enseignement (8 804 postes dans l’Education nationale et 150 dans l’enseignement agricole, auxquels s’ajoutent 1 000 postes dans l’enseignement supérieur), la justice (555 postes, auxquels s’ajoutent 35 postes dans les juridictions administratives), la police et la gendarmerie (405 postes).

 

L’emploi public passé à la lessiveuse

 

Parmi les ministères soumis à l’austérité, celui qui fera le plus grand sacrifice sera la défense. Cette baisse se traduira par une perte de 7 881 emplois (équivalents temps plein, correspondant parfois à plusieurs emplois à temps partiel), conformément au principe retenu dans le livre blanc remis à François Hollande : maintien global du budget des armées mais suppression de postes.

 

La grande mission de l’État qui perd le plus est celle qui recouvre l’écologie et les aménagements durables (– 7 %). Au total, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie perdra 522 emplois, de quoi faire fuir les écologistes du gouvernement !

 

Enfin, le recrutement d’agents supplémentaires pour lutter contre la fraude fiscale n’empêchera pas la baisse globale des effectifs du ministère de l’économie et des finances (2 564 postes supprimés), pas plus que  la création de 4 000 places en centres d’accueil des demandeurs d’asile ne compensera la baisse générale des moyens alloués à la mission « immigration, asile et intégration ».

 

Respect de la règle d’or pour guide

 

« Nul ne peut raisonnablement soutenir que les efforts d’assainissement budgétaire menés par le gouvernement et la majorité sont insuffisants », conclut le député PS Christian Eckert, rapporteur général de la commission des finances.

 

Une réponse aux critiques de l’opposition et de la Cour des comptes. Le Conseil de l’Union européenne, où siègent les ministres des gouvernements de chaque pays membre, a en outre accordé le 29 mai 2013 à la France une prolongation de deux ans afin de « mettre fin à la situation actuelle de déficit public excessif en 2015 au plus tard ». Pour ce faire, la France doit parvenir à un déficit de 3,9 % du PIB en 2013, de 3,6 % en 2014 et de 2,8 % en 2015. Mais rappelons-nous que les uns et les autres ont émis le souhait qu’une nouvelle purge d’austérité soit adoptée par la France et que les retraites soient une nouvelle fois l’objet d’une réforme de fond.

 

En mois d’un mois, le gouvernement a mis le petit doigt sur sa couture de pantalon et s’exécute sans broncher et prépare l’opinion à une nouvelle cure d’austérité puisque dans son rapport d’information préalable au débat d’orientation des finances publiques, Christian Eckert craint toutefois qu’un effort structurel sur les dépenses ne suffise pas.

 

Une nouvelle cure d’austérité en vue

 

Il propose donc d’agir également sur les recettes, c’est-à-dire d’augmenter les impôts.

 

Le rapporteur général de la commission des finances avance trois pistes : une hausse de l’imposition des contrats d’assurance-vie « les plus importants », la mise en place d’une fiscalité écologique passant « d’abord par une augmentation progressive de l’imposition de la consommation de gazole jusqu’au niveau actuellement prévu pour la consommation d’essence » et, éventuellement, une nouvelle hausse de la TVA en jouant sur les différents taux. Sachant qu’une hausse de la TVA est déjà programmée au 1er janvier 2014 (taux normal à 20 % au lieu de 19,6 %, taux intermédiaire à 10 % au lieu de 7 % mais taux réduit à 5 % au lieu de 5,5 %).

 

Sans oublier les privatisations des biens publics qui rapporteraient quelques dizaines de millions de recettes supplémentaires et réjouiraient le secteur privé et les actionnaires !


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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 07:00

 

Aéroports de Paris, en partie

privatisé dimanche

 

 

Nous avions connu cela chez Jospin dans la période 1997- 2002, quand il faut trouver de l'argent soit on fait les poches des français soit on brade au privé les bijoux de famille de la République, mais pas question d'aller voir les coffres des milliardaires et des actionaires. C'est un mal profond au Parti Socialiste qui découle de son adhésions aux thèses libérales.

 

Nous venons de connaitre cela une nouvelle fois ce dimanche 30 juin.

 

Toujours actionnaire majoritaire au sein des Aéroports de Paris (ADP), l'Etat français et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) ont cédé conjointement 4,81 % du capital d'ADP à Crédit agricole assurances-Predica et 4,69 % à Vinci.

 

Cette opération permet de dégager 783 millions d'euros, dont 303 millions pour l'Etat et 435 millions pour le FSI, précise le ministre de l'économie, Pierre Moscovici.

 

"Elle s'inscrit pleinement dans la politique de gestion active des participations de l'Etat [...], qui doit permettre de préserver [ses] intérêts patrimoniaux et stratégiques [...], tout en dégageant des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs porteurs de développement économique", ajoute M. Moscovici.

 

A en rire, si l'affaire n'était pas aussi grave puisque cette explication simpliste tend à nous affirmer que les aéroports ne seraient plus porteurs de développement alors que le nombre de passagers par air sont de plus en plus nombreux. Au moment même où se tient le salon du Bourget qui vente les réalisation de l'industrie aéronautique française et notamment l'A380 une telle affirmation frise le ridicule!. 

 

L'Etat détient actuellement 54,5 % du capital social d'Aéroports de Paris, et le FSI en détient 5,6 %. Il a déjà cédé au cours des dernières semaines une partie de ses parts dans l'équipementier aéronautique Safran, pour 448,5 millions d'euros, et dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS dans le cadre de deux opérations distinctes qui lui ont rapporté au total 1,19 milliard d'euros.

 

Le 1er juillet 2013

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 08:23

 

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« Le colonisateur n’est plus là,

mais ses intérêts y sont toujours »

 

"Le système mondial est en crise et il devient violent parce que justement les puissances capitalistes ne peuvent plus réaliser de taux de croissance et lutter contre le chômage sans puiser dans les ressources de notre continent".

 

Militante altermondialiste de la première heure, l’ancienne ministre malienne était présente à la conférence de la société civile des pays du Sahel en solidarité avec le peuple malien, qui s’est achevée hier à Alger. Durant cette rencontre, elle a réitéré son opposition à l’intervention militaire française dans son pays, une intervention motivée par des enjeux économiques, selon elle. Son engagement contre le système économique mondial, dont l’échec est traduit par la crise malienne, d’après la militante, lui a valu une privation de visa Schengen sur instruction de la France en 2012.

 

Écrit par MEHDIA BELKADI/ Reporters, Le 16 juin 2013

 

Reporters : Quel premier bilan faites-vous des travaux de cette première réunion de la société civile malienne, très peu consultée depuis le début de la crise ?

 

Aminata Dramane Traoré : Je salue d’abord cette initiative qui nous donne pour la première fois l’occasion de nous retrouver entre membres de la société civile du Mali et celle des pays du champ. Il y a eu dès le départ une exclusion délibérée de toutes les voix discordantes. Cette guerre s’est imposée à nous. J’ai eu le tord de publier un manifeste « Femmes du Mali, disons non à la guerre par procuration ». Dès le départ, j’appréhendais cette situation engendrée par l’intervention française. Toute guerre est une catastrophe, un désastre. Il n’y a pas de guerre juste. Si on peut passer par la solution politique, si à l’échelle interne, on se donne le temps et les moyens de comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation, on peut resserrer l’étau. Mais on a voulu cette guerre pour nous. Et toute occasion de se concerter est bonne. J’ai pu écouter des confrères que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer au Mali.

 

Vous avez critiqué la société civile présente aujourd’hui. Que lui reprochez-vous ? N’a-telle pas suffisamment milité contre une intervention étrangère ?

 

Je ne peux pas parler pour tout le monde. Je parle de ce que j’ai fait personnellement. Je l’ai fait parce que j’ai eu l’avantage de militer au niveau international et dans le cadre du Forum social mondial, dont je suis une des principales animatrices en Afrique subsaharienne. J’ai eu le temps de comprendre que les guerres ont des enjeux cachés, des enjeux géostratégiques, miniers et pétroliers. J’ai compris également que les bouleversements qui ont lieu aujourd’hui dans le monde ont tendance à faire de la guerre une solution à l’échec du modèle de développement. Le capitalisme mondialisé et financiarisé a cruellement besoin d’uranium, de pétrole et d’autres ressources qu’il vient puiser dans notre continent riche. Je reproche à la société civile de s’inscrire dans cette logique libérale et de faire partie de la communauté libérale.

 

Les groupes armés on-t-ils servi de prétexte à la guerre pour les ressources ? Ont-ils été instrumentalisés, notamment ceux de la région du Nord, très riche en uranium ?

 

C’est un peu plus compliqué que cela. Quand on regarde les profils des combattants, on comprend qu’il y a plusieurs enjeux. Pour ce qui est de la question identitaire, nous sommes des nations composées d’ethnies différentes. Depuis 1958, existe un projet occidental de création d’un Etat tampon pour rassembler les Touareg de toute la région. Si on accepte aujourd’hui la partition de l’Azawad, il faut s’attendre à ce que les Touareg des autres pays demandent un jour leur Etat. Si on remet en cause le non développement du Nord, je dirai que le sud du Mali non plus n’est pas développé. Nous devons vivre ensemble avec nos différences. Pour ce qui est de l’enjeu idéologique, les islamistes radicaux qui se disent djihadistes sont en combat contre l’Occident. Aqmi ne l’a pas caché. Ils visent les intérêts français. Ils sont au Mali depuis longtemps, ont épousé des femmes maliennes et ont eu de bons rapports avec la population. Ils n’ont coupé de mains à personne et n’ont violé personne jusqu’à ce que le MNLA, encouragé par Nicolas Sarkozy, qui vers la fi n de la guerre en Libye, a estimé que les Touareg maliens en Libye pouvaient l’aider, décide de lutter contre Aqmi qui est une menace pour les intérêts français et pour récupérer leurs otages. C’est dans ce sens que je dis qu’on a instrumentalisé la rébellion. Je refuse, cependant, le discours haineux envers les Touareg, notamment celui les traitant d’« enfants gâtés ». On ne donne pas la chance au peuple malien de comprendre. Ce que je suis en train de dire, c’est que les puissants de ce monde identifient les tensions existant dans chaque pays, les attisent, les aggravent et les instrumentalisent à leurs fi ns. Je me dis qu’il y avait certainement un mécontentement à Benghazi en Libye, mais l’embrasement que connaît le pays a eu lieu quand N. Sarkozy a voulu profiter du « printemps arabe » pour déstabiliser le régime Kadhafi . Le nord du Mali rencontre depuis toujours des problèmes que nous n’avons pas réglés, surtout du fait de sa position géographique et de difficultés réelles. La communauté touarègue a souvent cru qu’il fallait prendre les armes pour revendiquer des droits et a fait des alliances avec Aqmi, Ansar Dine et le Mujao. On les a utilisés pour résoudre les problèmes de la France !

 

Ces données vous donnent-elles raison sur l’échec d’une intervention militaire étrangère ?

 

Regardons la situation actuelle : en plus d’Aqmi, Ansar Dine, Mujao, nous avons également des soldats français ! Finalement, l’opération Serval n’a servi qu’à disperser ces groupes et c’est ce que je craignais. J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas venir à bout d’un ennemi qui n’a pas de visage. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Que veut-on au juste, tirer dans le tas ? Tuer tout le monde ? Qui va tuer qui ? Des Maliens vont tuer des Maliens. On a déployé des milliers de soldats pour aller chercher une aiguille dans une botte de foin. Même l’armée la plus puissante au monde, celle de l’OTAN, a reculé en Afghanistan. L’idée pour moi était de trouver des solutions politiques africaines, sous-régionales et régionales plutôt que de déployer cette armada pour qu’à la fi n on arrive à la situation actuelle : la France constate qu’elle n’a pas les moyens de rester plus longtemps et elle ouvre la porte aux Casques bleus !

 

Dans leurs interventions aujourd’hui (hier, ndlr), les membres de la société civile des pays du Sahel se sont unanimement opposés au déploiement des Casques bleus...

 

Ce sera une répétition de ce qui s’est passé au Congo et au Kosovo. On devra subir la présence de soldats venus d’ailleurs, qui ne sont certainement pas plus performants que les militaires maliens, mais qui sont, certes, mieux rémunérés et seuls, sans leurs femmes, ce qui laisse le champ libre à la prostitution, la traite sexuelle et l’abandon d’enfants. Plutôt que de déployer 15 000 Casques bleus, remplaçons-les par 15 000 ingénieurs qui viendront en aide au Mali. La défense du Mali et sa sécurité doivent reposer sur l’armée malienne qui connaît bien le terrain. A l’origine, nos soldats ne sont pas des putschistes, mais des mutins, parce qu’ils ne sont pas contents de leur situation. Il faut donc faire en sorte qu’au-delà de l’armement, ils aient droit à un meilleur traitement et une meilleure rémunération. On ne va pas recruter n’importe où, n’importe qui, pour venir défendre notre pays.

 

Outre le rôle de l’armée, quel rôle peut avoir la société civile pour recoudre le tissu social ébranlé par la crise ?

 

Nous devons nous battre pour avoir l’espace de débats nécessaire. Chez nous, il n’y a pas de concertation, nous ne nous parlons pas. La décolonisation suppose une bonne connaissance des enjeux et des acteurs, et une bonne organisation locale. Par le passé, on savait qu’on avait affaire au Colon, il fallait s’en débarrasser. Aujourd’hui, le colonisateur n’est plus là, mais ces intérêts y sont toujours. Seulement, certains ne veulent pas qu’on en parle, qu’on s’organise. Ils préfèrent mordre à pleines dents dans la mondialisation, car c’est de cela qu’il s’agit. Les Africains vivent dans l’illusion de pouvoir émerger, comme la Chine, en prenant pour exemple les Occidentaux, qui eux, débattent entre eux. Si leur modèle était si bon, si performant, pourquoi leurs peuples sont-ils dans la rue aujourd’hui en train de revendiquer leurs droits ? Les crises en France, en Espagne, en Grèce et ailleurs nous renseignent sur l’échec du système économique libéral. La plaie de tous les pays est aujourd’hui le chômage, en particulier celui des jeunes. Tant qu’on ne trouve pas de modèle économique capable de générer de l’emploi pour le plus grand nombre de jeunes, ils se retrouvant narcotrafiquants, djihadistes ou intègreront l’armée à défaut. Quand je regarde les protagonistes de cette guerre, la plus part d’entre eux sont des victimes d’un modèle de développement qui a échoué. Un échec reconnu par les Nation unies. A partir de ce moment, le mali devient un pays d’avant-garde.

 

C’est-à-dire un rôle d’avant-garde ?

 

Je revendique ce rôle. Les Maliens doivent parler et témoigner de leur expérience. Notre pays est aujourd’hui le théâtre de l’échec du système économique mondial. Nous devons dire au Monde ça suffi t ! arrêtez de nous punir, de nous humilier pour un système économique défaillant. C’est vous, Communauté internationale, qui avez dit que nous étions le meilleur élève de l’Afrique de l’Ouest. C’est vous qui avez soutenu trois décennies de politique de privatisation et de libéralisme. Vous nous aviez promis d’émerger économiquement, mais nous avons la guerre en guise d’émergence. Si aujourd’hui tout s’effondre comme un château de cartes, vous devez vous poser les bonnes questions. Vous ne nous aviez pas dit que vous alliez nous envoyer des armes et des soldats. Ce n’est pas avec eux que vous allez soigner la misère et le chômage. Vous devez faire en sorte que les gens mangent à leur faim, qu’ils vivent dignement. C’est tout ce qu’on demande. Les Maliens ont la mission de dire sans complexe que cette guerre n’est pas à part, mais s’inscrit sur la longue liste des guerres pour les matières premières.

 

Faut-il comprendre que dans le système libéral actuel, l’Afrique, terre très riche, est résignée à faire face aux invasions étrangères pour des motifs économiques ?

 

Il faut lutter pour la décolonisation et contre la recolonisation, mais on ne peut pas parler de ces concepts tant que nous vivons dans un monde capitaliste et que les puissants de ce monde ont besoin de nos richesses. Mais ce qu’il fait comprendre, c’est que l’Europe a beaucoup plus besoin de nous que nous n’avons besoin d’elle.

 

Des discussions ont lieu actuellement à Ouagadougou entre le pouvoir malien et les groupes touareg armés de Kidal pour le retour de l’armée dans la région, en vue des élections du 28 juillet. On se dirigerait vers le déploiement d’un seul contingent...

 

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez d’un peuple désinformé. Vous pouvez même l’amener à agiter des drapeaux tricolores parce qu’il n’a pas compris. Mais le peuple vient de comprendre à la lumière de la situation de Kidal qu’on l’a mené en bateau, qu’on lui cache des choses. C’est pour cela que tous les Maliens ont aujourd’hui l’oreille tendue vers Ouagadougou pour savoir ce qui se passe. Si cette solution bancale est privilégiée, cela voudrait dire qu’on veut seulement aider François Hollande à relever son pari politique d’organiser les élections à cette date. Ce n’est pas une solution qui va nous garantir la paix et la réconciliation. Mais attendons d’abord que ce soit signé. Le gouvernement peut accepter cette concession sous pression, elle est, à mon sens, essentiellement financière. 80 % des ressources du Mali viennent des aides extérieures. Les sanctions économiques auxquelles nous avons fait face pendant onze mois ont anéanti le pays. Si cela continue, le Sud va imploser. La capacité de nuisance de la France est telle qu’elle fera pression sur la Communauté internationale pour faire croire que les dirigeants actuels n’ont pas voulu de la démocratie. Or, si le gouvernement de transition est si peu légitime et si infréquentable, pourquoi la France a motivé les résolutions du Conseil de sécurité en sa faveur ? On nous a délibérément exclus. On nous a volé notre pays. Et c’est pour cela qu’on va se battre pour le libérer. C’est une seconde libération. C’est pour cela que nous sommes ici aujourd’hui.

 

Qu’est-ce que l’Algérie peut apporter ?

 

L’Algérie a mené deux guerres. La guerre de Libération a été l’une des plus féroces en Afrique. On l’a vu puisqu’une partie s’est déroulée au nord du Mali. Nous ne sommes pas seulement des pays frontaliers, nous avons milité ensemble. Le pétrole était l’un des enjeux de la libération de l’Algérie. Aujourd’hui, l’uranium est l’un des enjeux de cette guerre. Donc, si nous devons lutter, nous devons puiser dans notre mémoire de pays anciennement colonisés et voir ce qui a fait la force de l’Algérie résistante. L’Afrique doit résister et cesser de dormir. Le système est en crise et il devient violent parce que justement les puissances capitalistes ne peuvent plus réaliser de taux de croissance et lutter contre le chômage sans puiser dans les ressources de notre continent. L’expérience de la libéralisation de l’Algérie est intéressante de ce point de vue. Concernant la deuxième guerre, l’Algérie est le premier et le seul pays à avoir enterré 200 000 personnes pendant la lutte contre le terrorisme. Quand elle dit que le Mali ne doit pas aller dans telle direction, elle sait que ça coûte cher. Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas grand-chose, nous sommes un pays enclavé, et on a l’indécence de venir nous dire que c’est par les armes que nous allons nous en sortir, et nous pousser à acheter des armes que nous n’avons pas.

 

Vous comptez également sur l’aide des pays voisins. Or, jusqu’ici, les pays de la Cédéao ont été les premiers, avec le président malien, à appeler à l’intervention française. Comment expliquer une telle position cinquante ans après les indépendances ?

 

C’est le manque de lucidité et de solidarité qui pose problème dans la gestion des affaires de notre continent. Les chefs d’Etat font partie du système mondial et les mécanismes des sanctions économiques sont là. S’ils ne disent pas oui ici, on les attendra au tournant là-bas. Ils devraient s’organiser pour sauver le Mali qui se trouve dans la gueule du loup, mais il est vrai qu’il y a des décisions qu’ils ne peuvent pas prendre. La Cédéao est devenue l’instrument de la Françafrique. Au sein de l’organisation, des membres sont persuadés que la voie tracée par la France est la bonne voie comme si nous avions contracté une dette envers la France et qu’au nom de cette dette, nous devons accepter ses « solutions ». Ce qu’il nous faut c’est une prise de conscience sociale et politique des vrais enjeux et des mutations qui sont en cours. L’Afrique doit intégrer les expériences de l’Irak et de l’Afghanistan. Nos ressources sont convoitées et les manipulations sont à peu près les mêmes partout. Et à tous les coups, ce sont les peuples qui payent.

 

Les intellectuels ont-ils une plus grande marge de manoeuvre que les politiques ?

 

J’appelle à une insurrection intellectuelle au Mali et en Afrique. On m’a privé de visas Schengen sur instruction de la France, qui dit maintenant qu’elle n’a pas d’opposition politique à ce que j’aie un visa. Mais ce n’était jamais arrivé avant. J’avais un visa de quatre ans et j’ai beaucoup d’alliés en France. Le même discours que je tiens ici est tenu par des altermondialistes en France à propos de la France. Pourquoi ça devient un crime de lèse majesté en France. Parce qu’on est Africain ?

 

MEHDIA BELKADI

 


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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 08:13

 

Un bel acte de justice

 

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La Cour d'appel a donné raison, hier, à 371 anciens salariés du site Valeo d'Amiens Nord en confirmant la décision du conseil des Prud'hommes qui condamnait la société à leur verser 15 000 € chacun.

Cette somme, versée au titre du préjudice d'anxiété, doit dédommager ces préretraités et retraités ayant travaillé dans l'amiante et qui craignent, aujourd'hui, de tomber malade à cause de ce matériau.

« C'est une décision hors du commun pas pour le préjudice mais par rapport au nombre de dossiers (N.D.L.R. : 371) », se réjouissait hier Me Waheb Berkouche qui plaidait, lui, pour les 340 dossiers présentés par la CGT.

Plus de 200 dossiers sont toujours en cours


Les autres étaient soutenus par Sud. Et c'est « un soulagement » pour Jacky Roucout, président du collectif Amiante et pour tous les ex-salariés concernés. Il faut dire que cet arrêt, si la partie adverse ne se pourvoit pas en cassation, pourrait mettre fin à une procédure qui dure depuis plusieurs mois.


Néanmoins, pour la société Valeo, ce ne sera pas la fin des procédures judiciaires. À lui seul, Me Berkouche dénombre encore 1 300 dossiers en cours qui concernent la société, 200 rien que pour le site d'Amiens Nord.

JEANNE DEMILLY

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 07:48

Tunisie : Le PCF salue la libération des Femen


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Le PCF salue la libération des trois Femen européennes, incarcérées en Tunisie depuis près d'un mois. Leur détention est survenue dans un climat de tensions où l'opposition laïque se bat contre toute régression des droits orchestrée par le parti islamiste Ennahda aujourd'hui au pouvoir.

 

Même si leurs actions ont pu choquer, ces militantes se battaient pour la liberté d’expression et ne méritaient pas l'emprisonnement.

 

Plus que jamais, nous sommes aux côtés des progressistes tunisiennes et tunisiens pour les assurer de notre soutien dans leur combat pour une démocratie laïque. Nous sommes aux côtés des femmes, des féministes de Tunisie pour défendre leurs acquis et obtenir de nouvelles avancées.
Les militant-es communistes restent vigilant-es et mobilisé-es quant au sort d'Amina Sboui qui reste en détention provisoire.

 

Laurence Cohen, Responsable de la commission “Droits des femmes et Féminisme” au PCF

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 07:12

 

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Cour des comptes : « Pas un exercice comptable

mais de l'obscurantisme idéologique »


Mr Migaud le président de la compte des comptes a été nommé par Mr Sarkozy à l'époque en exercice. On aurait pu penser que cet adhérent socialiste serait fidèle aux valeurs de la gauche et prônerait une logique de développement de nos services publics, et une politique plus juste socialement et économiquement. Il n'en est rien.

 

Dès qu'il a l'occasion de parler, le président de la compte des comptes outrepasse son rôle et fait du sarkozysme! Et pourtant Mr Sarkozy n'est plus président, il a été remplacé par un Président de la République socialiste. L'affaire est donc grave !

 

En effet la Cour des comptes annonce un risque d'augmentation du déficit public pour 2013 à 4%, supérieur aux 3,7% prévus initialement. Et cela, malgré la politique de pression fiscale opérée sur les ménages essentiellement et le ralentissement de la dépenses publique. Un risque amplifié par une croissance négative qui impacterait in fine les recettes publiques de 2013 de l'ordre de 0,3 points de PIB.

 

Tel est le constat fait par la cour des comptes. Elle aurait pu s'en tenir au constat, alerter les institutions de la République (Président, gouvernement, assemblée et Sénat). La Cour aurait pu logiquement proposer d’arrêter avec cette politique d'austérité qui donne les résultats qu'elle dénonce ? Que nenni. Au mépris de toute logique, elle ne trouve pas autre chose à prôner que le renforcement des économies budgétaires : 28 Mds supplémentaires d'ici à fin 2015 ! Aussitôt les nouveaux chiens de garde se précipitent dans les chaînes de télés et radios pour se lancer à l'assaut des fonctionnaires accusés de tous les maux !

 

Quel aveuglement. Ce n'est plus de l 'exercice comptable mais de l'obscurantisme idéologique. La cause des déficits s'enracine avant tout dans la chute historique du pouvoir d'achat des français (-0,9%), du ralentissement de la masse salariale (+1,7% en 2012 contre +3,2% l'an passé), de l'explosion du chômage (+11,5% en un an, que ne parviendront pas à enrayer les 20% de hausse des radiations des statistiques de juin 2011), de la fonte des effectifs salariés (98 000 emplois en moins en 2012).

 

Ces résultats sont directement issus de la politique d'austérité. Ils pèsent autant sur la demande que sur l'offre, et pénalisent l'activité économique. La lutte contre les déficits publics par la baisse de la dépense publique et la hausse de la fiscalité sur les ménages, pour répondre aux diktats des marchés financiers, alourdit la pression sur la consommation et réduit les capacités de création de richesses du pays.

 

C'était vrai pour la Grèce, l'Espagne, le Portugal ... C'est dorénavant vrai aussi pour la France.

 

Sans cherchez bien loin, il existe une alternative pour l'emploi, pour un véritable redressement productif, pour une appropriation sociale de l'argent et de son utilisation!

 

Gracieusement, le PCF et le Front de gauche tiennent à la disposition de la cour des comptes leurs propositions. Mais à entendre Mr Migaud, qui n'est pas neutre, l'on comprend mieux pourquoi Sarkozy l'a nommé. N'était-il pas une garantie pour poursuivre cette politique insupportable même en étant pas élu, quitte à faire le lit de l'extrême droite!

 

Il y a vraiment des choses à changer dans ce pays!

 


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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:57

 

L'Edito de Patrick Le Hyaric dans l'HD

 

austérité 2

 

L’alerte est très sérieuse, grave et inquiétante. Il faut avoir le courage d’affronter la réalité. Le candidat du Front national n’a certes pas été élu au second tour dans l’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot, et c’est tant mieux. Mais cette élection sonne le tocsin pour les forces républicaines et progressistes. On aurait grand tort de n’y voir qu’une séquelle de « l’affaire Cahuzac ».

 

Pour la seconde fois en quelques mois, le second tour d’une élection législative se joue sans représentant de la gauche.

 

Le Parti socialiste y perd son quatrième député, sans que les électeurs qui le quittent ne rejoignent ni « Europe-Ecologie-les-Verts », ni le Front de gauche. Le parti dominant de la droite, l’UMP est lui aussi dans une crise sérieuse, après l’exercice du pouvoir et la défaite. Son orientation dite de « droite décomplexée », consistant à reprendre des idées et propositions de l’extrême-droite, n’a pu que faire sauter des digues érigées depuis la fin de la seconde guerre mondiale, entre droite républicaine et extrême-droite xénophobe, raciste et « national-capitaliste ».

 

Dans huit cantons sur quatorze de la circonscription de Villeneuve-sur-Lot, l’extrême-droite est arrivée en tête au premier tour, y compris dans la ville. Son candidat gagne 2000 voix sur le score de Mme Le Pen à la présidentielle. Et entre les deux tours, il se trouve 7000 personnes de plus pour voter pour lui et 9000 pour  le candidat de l’UMP. Tout cela avec des taux d’abstention record.

 

Sur un fond de pourrissement de la vie politique, l’avalanche des affaires politico-financières, de Cahuzac, Tapie, Guéant, pousse de plus en plus de nos concitoyens à utiliser ce vote. Leur vie ne cesse de se dégrader, quand ceux qui sont censés veiller à l’intérêt général, profitent du système pour s’enrichir personnellement. Le dégoût et le rejet de la politique modifient désormais profondément des comportements électoraux. Les souffrances sociales exacerbées par la crise rendent insupportables les engagements non tenus alors  que la démocratie est de plus en plus confisquée par une caste d’élites et des institutions européennes qui imposent leur loi.

 

Dans l’Oise comme dans le Lot-et-Garonne, la désindustrialisation, la liquidation de l’agriculture familiale poussent à des votes de rejet et de colère. A Beauvais, comme à Villeneuve sur Lot, la discipline de ce qui est appelé « front républicain » ne peut fonctionner correctement dés lors que le candidat de l’UMP est proche des idées d’extrême-droite.  Celui de Villeneuve-sur-Lot est lié au mouvement ultra-droitier « initiative et liberté », enfant du défunt SAC.

 

A la porosité déjà observée entre électorat de droite et d’extrême-droite, s’ajoute désormais celle d’une partie des électeurs de gauche avec l’extrême-droite. C’est dire si la crise démocratique, celles des repères et du sens sont aigües et préoccupantes. Cela ne peut s’expliquer que par un niveau très élevé de dégoût, de rejet et de révolte. La politique de droite hier et sa poursuite, pour une large part,  par le Président de la République, encadré par la Commission de Bruxelles, servent l’extrême droite au-delà de ce qu’elle a pu rêver. Il en est souvent ainsi dans des périodes où l’avenir, tant personnel que collectif, apparait bouché, sans perspective. Jamais et nulle part ces comportements n’ont fait bouger les choses dans le bon sens.

 

Bien au contraire, parce qu’ils divisent nos concitoyens, cultivent la xénophobie, le rejet de l’autre et exacerbent tous les nationalismes, ils ouvrent la porte aux pires errements d’autant plus qu’aujourd’hui une grande partie de la droite a depuis longtemps baisser la garde.

 

Seul un rassemblement conscient pour des alternatives progressistes pourrait faire bouger la donne. Y travailler, telle est la tâche de la gauche. Gouverner en écoutant le peuple, entendre ses souffrances et aider à dégager nos concitoyens de la camisole austéritaire dans laquelle ils sont aujourd’hui enfermés, la voilà l’alternative !

 

Seul un mouvement populaire suffisamment large, uni et faisant toutes leurs places aux associations, syndicats, forces progressistes, y parviendra. La question était à l’ordre du jour des Assises citoyennes pour changer de cap.

 

Elles ont permis que débattent des personnalités politiques, du mouvement syndical et associatif, des intellectuels d’ores et déjà représentatifs d’un arc en ciel qui déborde largement les frontières actuelles du  Front de gauche. Pour un début, c’est très encourageant, surtout si nous savons, avec la même démarche large et rassembleuse, affronter les enjeux de l’heure, qu’il s’agisse du devenir des retraites, de la réorientation de la construction européenne ou encore   du si néfaste projet de marché transatlantique.  

 

La prochaine Fête de l’Humanité, les 13,14 et 15 septembre, se veut une formidable caisse de résonnance pour cette recherche multiforme d’un présent et d’un avenir qui voit l’humain disputer enfin sa place à la finance.

Humanité Dimanche

 

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