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Peine De Mort

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DETTES PUBLIQUES ET

EURO : CHANGER DE LOGIQUE

 

PAR YVES DIMICOLI

 

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l'euro-groupe du 22 juillet dernier a décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers, contre les salariés et les peuples, de ne surtout rien changer à l'orientation de la politique monétaire de la BCE, à la sélectivité du crédit bancaire, et de ne pas frapper les spéculateurs. Ainsi, le principe d'une taxation bancaire a-t-elle été rejetée. Et, pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l'eau, on va rallonger la durée et baisser les taux d'intérêt des prêts qui lui sont consentis.

 

Mais cela ouvre aussi la possibilité d'un « défaut de paiement sélectif » de la Grèce, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais aussi contre d'autres pays qu'ils considèrent comme « fragiles », y compris l'Espagne, mais aussi l'Italie et ses 1900 milliards d'euros de dette publique.

 

Surtout, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté de 440 milliards d'euros en mai 2010, pour reprêter aux États en difficulté de l'argent qu'il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l'euro, voit son rôle très accru.

 

Avec le nouveau plan décidé pour la Grèce, de 160 milliards d'euros, il tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant dans l'endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro prise comme un tout. Les titres qu'il émettrait ainsi ouvriraient la voie hyper-fédéraliste à des euro-obligations, comme le proposent les dirigeants sociaux-libéraux Français et Européens et l'envisagent Sarkozy comme Trichet. Cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers, qui prétend rivaliser avec l'attraction financière des États-Unis et du dollar, vient pourtant conclure un premier épisode, ouvert au printemps 2010, indiquant qu'il faut rompre avec cette logique.

 

Le premier plan dit de « sauvetage » de la Grèce, auquel le PCF a été le seul à s'opposer au Parlement, débouche, en effet, sur un fiasco : La croissance de ce pays a été brisée avec l'explosion du chômage et l'écrasement des salaires réels (-8,9% entre 2008 et 2011), aggravant le déficit budgétaire (+6% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l'accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites... La dette publique de la Grèce qui était de 105% de son PIB en 2008 approche désormais, 150% !

 

Dans chaque pays de la zone euro susceptible d'être pris pour cible par les marchés, en France y compris, les gouvernements, sur injonction de la BCE et de leur principal créancier, l'Allemagne, se sont lancés, alors, dans une surenchère à l'austérité. De partout l'épouvantail de la dette a été agité pour obliger les peuples à vivre au rythme imposé par les agences de notation et les écarts de taux d'intérêt avec l'Allemagne.

 

En France, notamment, une union sacrée se cherche pour faire se résigner les salariés, les retraités, les chômeurs à de nouveaux crans à passer dans la politique d'austérité : accepter l'échéance 2013, négociée par Sarkozy avec Bruxelles, pour un déficit public sous la barre des 3% du PIB, comme le revendiquent désormais les dirigeants du PS, et se soumettre à une « règle d'or » budgétaire avec l'inscription dans la Constitution d'une obligation pluriannuelle d'équilibre des comptes des administrations publiques.

 

Cette fuite en avant et le choix d'une politique du « goutte à goutte » voulue par les dirigeants allemands poussent toute la zone euro vers la catastrophe et encouragent, en fait, les paris prédateurs des grands fonds spéculatifs, américains notamment. Tout cela prépare de nouveaux épisodes de crise, plus violents encore, avec l'éclatement d'une « bulle » d'endettement public, en Europe, comme aux États-Unis d'ailleurs, et une guerre monétaire internationale... C'est dire s'il faut changer de route!

 

Cela exige d'abord de refuser une fausse alternative : Soit sortir de l'euro, soit faire un bond en avant dans le fédéralisme européen. Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités entre Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, pourtant elle-même en crise très profonde.

N° 94

Le bond en avant dans le fédéralisme européen, avec notamment l'émission d'euro-obligations, ne contribuerait  qu'à éloigner encore plus les centres de pouvoir des salariés, des peuples et de leurs élus, pour les concentrer au service de la domination des marchés financiers et des plus grands capitalistes, allemands notamment.

 

L'enjeu est bien celui de commencer à rompre, de façon cohérente et pas seulement en paroles, avec cette logique qui consiste à faire accumuler de nouvelle dettes pour tenter de régler celles en cours en empruntant toujours plus sur les marchés financiers. Et les luttes qui, de partout, montent désormais contre ces politiques y appellent ardemment en interpellant toutes les formations de gauche, en France particulièrement.

 

Il faut viser une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens avec, en contrepoint, une lutte déterminée et d'ampleur contre la spéculation, chacun chez soi et avec les autres.

 

Il faut des mesures d'urgence d'aide effective à la Grèce pour réduire sa dette publique et lui procurer les moyens d'une nouvelle croissance réelle créatrice d'emplois, avec un essor conséquent de la formation, de ses services publics et des investissements efficaces, toutes choses nécessaires pour qu'elle rattrape ses retards de développement.

 

Cela exige, dans l'immédiat, une reprise des rachats de titres grecs de dette publique par la BCE qui les a interrompus depuis plus de deux mois.

 

Mais il faut, simultanément, de nouvelles interventions de solidarité européenne des États, beaucoup plus importantes, non pour renforcer la domination des banques et l'hégémonie d'un noyau autour de l'Allemagne (fédéralisme), mais pour un développement de progrès social et un rattrapage effectif des retards de productivité des pays en difficulté. Car il est impératif d'engager un rééquilibrage des rapports économiques intra-européens, vers une nouvelle solidarité confédérale à l'écoute des pays en difficulté.

 

Il est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières. La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est plus nécessaire que jamais. En même temps, il faudrait mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, les OPCVM et tous les fonds spéculatifs, dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe.

 

Devraient être particulièrement pénalisés les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec dans un but essentiellement spéculatif. Il s'agirait, ce faisant, d'en finir avec les instruments financiers du type des « CDS » (Crédit Default Swap). Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés à une réduction de la dette publique grecque.

 

Simultanément, il s'agirait de remplacer l'actuel Fonds européen de stabilité financière par un Fonds social et solidaire pour le développement européen, comme le proposent le PCF et le Parti de la gauche européenne (PGE). Seraient ainsi émis des titres nationaux de dette publique rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul dont les recettes alimenteraient ce nouveau Fonds. Il serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but express de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle en coopération, au lieu d'une création monétaire inflationniste.

 

La dénonciation du pacte de stabilité, le rejet déterminé du pacte de l'euro +, marcheraient alors de paire avec le lancement d'un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire européenne. Inséparablement, il s'agirait de réorienter la politique monétaire de la BCE dont le contrôle devrait être assuré par les parlements européen et nationaux, au lieu de l'indépendance actuelle au service de la domination des marchés et de l'Allemagne. Il s'agirait que le taux d'intérêt auquel elle assure le refinancement des banques ordinaires soit modulé: il devrait être d'autant plus abaissé, jusqu'à être nul, voire négatif, que les crédits qu'elle refinance servent à des investissements programmant plus de créations d'emplois et de formation correctement rémunérés. Ce taux d'intérêt serait par contre d'autant plus relevé que les crédits à refinancer serviraient à spéculer, délocaliser ou diminuer les masses salariales.

 

C'est dire l'importance de se rassembler, simultanément, pour exiger de nouveaux pouvoirs des salariés sur les gestions des entreprises et la création d'un pôle public bancaire et financier en France comme dans chaque pays européen visant à développer un nouveau mécanisme de crédit pour sécuriser l'emploi, la formation, les salaires, simultanément à la mise en œuvre d'un nouvelle politique fiscale.

 

C'est sur ces bases-là que l'Europe pourra faire reculer ses divisions, se tourner vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub-Sahara en visant un nouveau plan de type Marshall sans domination. C'est ainsi qu'elle pourra se rapprocher des pays émergents, en Asie, en Amérique latine, en Europe, pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune de développement, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales.

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