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Peine De Mort

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Il nous semble indispensable de publique cette intervention de Marie Nassif-Debs
(Secrétaire générale adjointe du PC Libanais) au Festival de “L’Avante” – Portugal – 8 septembre 2012.

 

Le Monde arabe se trouve aujourd’hui à un croisement de chemins que certains historiens comparent à celui dans lequel les peuples arabes furent placés durant les années Cinquante (et, même, Soixante) du XXème siècle, à la suite de la « Nakba » du peuple palestinien et de la partition, par l’ONU, de la Palestine en deux Etats, dont l’un (la Palestine) ne vit pas le jour tandis que l’autre (Israël), créé de toutes pièces, continue à s’agrandir par les guerres, les agressions et, surtout, les colonisations.

 

Mais si cette comparaison trouve quelque fondement historique dans les appels, lancés actuellement comme jadis, par les peuples arabes pour mettre fin à des régimes de dictature, inféodés à l’étranger et faisant la politique des grandes puissances capitalistes, il n’en va pas moins que les deux situations sont très différentes, tant par les slogans que par les forces qui les portent.

 

En effet, les années Cinquante (et Soixante) furent celles d’un mouvement dit « de libération nationale » contre le colonialisme, tant britannique que français. Ce mouvement, ayant à sa tête des militaires appartenant à des partis politiques nouveaux, formés dans la petite bourgeoisie, tels le Baas, le Mouvement des nationalistes arabes et, plus tard, le Nassérisme, préconisait le coup d’Etat comme moyen de changement. Il était mené par des idéaux nationalistes arabes, dont, en premier lieu, le refus de la partition de la Palestine, la fin du colonialisme et l’unité arabe. A ces idéaux s’ajoutait, chez certains, celui d’un socialisme basé sur une réforme agraire, mais aussi sur l’élargissement du secteur public et les nationalisations.

 

Ajoutons à cela que la présence de l’Union soviétique, et du camp socialiste, aida à asseoir ces mouvements, surtout à la suite de leur arrivée au pouvoir, tant en Egypte (1952) qu’en Irak (1958) ou en Syrie (à la suite de l’échec de l’unité de la bourgeoisie syrienne avec l’Egypte nassériste en 1961). Des relations bilatérales bien solides poussèrent même les théoriciens de l’Union soviétique du temps de Khroutchev, à présenter des thèses concernant la possibilité d’un changement suivant une nouvelle voie appelée « la voie du développement non capitaliste » basée sur la petite bourgeoisie et ses représentants au pouvoir et qui ne nécessitait nullement la présence d’une classe ouvrière ou d’un parti communiste pouvant la représenter… Ce qui aida la nouvelle petite bourgeoisie au pouvoir à liquider ou à interdire les partis communistes dans plusieurs pays, dont l’Egypte ou l’Algérie…

 

Que se passe-t-il actuellement, dans le Monde arabe, au Maghreb (partie occidentale) comme au Machreq (partie orientale) ?

 

Comment pouvons-nous évaluer les mouvements de masse qui s’étendent, depuis deux ans déjà sur ce monde ?
Quels sont les défis auxquels les peuples arabes sont soumis et quels enjeux font que les territoires arabes sont de nouveaux le centre d’une possible troisième guerre mondiale où pourraient s’affronter le vieux impérialisme, mené par les Etats-Unis, et les nouvelles puissances capitalistes, appelées aussi puissances émergentes, ayant à leur tête la Russie ?

 

Commençons, d’abord, par préciser que le Monde arabe actuel est en ébullition. Dans tous les pays arabes, se créent des mouvements appelant à la chute des régimes, tant ceux que le colonialisme mit en place ou créa de toutes pièces (monarchies et émirats) que ceux qui naquirent des coups d’Etat nationalistes des années Cinquante et qui, une fois bien assis, oublièrent ce pourquoi ils luttèrent et s’impliquèrent tout aussi bien que leurs adversaires dans la corruption et la dictature…

 

Ce qui se passe dans notre monde ?

 

Certains théoriciens bourgeois, proches des vues impérialistes, lui donnent le nom emphatique de « printemps arabe » par analogie à ce qui fut nommé « le printemps de Prague » et à ce qui s’en est suivi jusqu’à l’implosion de l’Union soviétique. Tandis que d’autres, appartenant au monde de la petite bourgeoisie qui disparaît, trouvent dans les soulèvements populaires qui envahissent presque tous les pays arabes un « automne arabe » né du complot impérialiste universel visant à mettre fin au rôle qu’ils peuvent jouer dans la lutte anti impérialiste et anti sioniste et, par suite, à liquider la cause palestinienne et normaliser les relations avec Israël.

 

Nous pensons que les deux groupes se trompent dans leurs analyses. Il est vrai que le projet du « Nouveau Moyen Orient » constitue un nouveau complot perpétré par l’impérialisme, un nouveau « Sykes-Picot » visant à imploser le Monde arabe en une multitude de mini Etats se faisant la guerre sur des bases religieuses ou ethniques. Il est vrai aussi que ce projet a enregistré quelques succès en envenimant dans plusieurs pays les dissensions entre Sunnites et Chiites. Cependant, réduire les soulèvements qui ont eu lieu à un simple complot et réduire les peuples en de simples marionnettes que l’on peut bouger comme on veut et quand on veut c’est suivre à l’envers le courant de l’Histoire.

 

Ce qui se passe dans nos pays constitue un vrai mouvement révolutionnaire, tant par les slogans qu’il développe que par les forces qui le dirigent. Ce mouvement est né de la lutte menée, depuis l’année 1982, par le « Front de Résistance Patriotique Libanaise » que les Communistes ont créé contre l’occupation israélienne, suivi par la première Intifada du peuple palestinien et par les dizaines de milliers de mouvements de masses en Egypte, au Soudan, en Tunisie. Tout cela, et non l’argent saoudien et qatari ou les directives impérialistes constitue la toile de fond de la révolte ouvrière et populaire de Sidi Bouzid, en décembre 2010, et de la révolution du 25 janvier 2011 en Egypte.

 

Les slogans étaient des slogans de classe basés sur la lutte sociale et nationale en même temps ; ils visaient le changement basé sur la dignité humaine et les libertés démocratiques, tout en stigmatisant l’inféodation des régimes sortant à l’impérialisme et à ses politiques néolibérales. Quant aux forces qui furent à la base de ces mouvements, elles appartenaient, en majorité, à la classe ouvrière, aux marginaux et aux groupes fragilisés de cette classe, chômeurs et intermittents, jeunes en recherche d’un premier emploi et femmes subissant la discrimination sur le lieu du travail tout aussi bien que dans leur foyer.

 

Il est vrai que les forces de la réaction arabe, tant la grande bourgeoisie que les partis politiques islamistes, tentent de récupérer ou d’occuper le pouvoir. Surtout les islamistes qui s’étaient démarqués de la foule en refusant de participer aux mouvements avant de voir que ceux-ci allaient réussir, et qui avaient brandi la religion comme paravent ; mais, malgré leur succès, tant en Tunisie qu’en Egypte,  ils n’ont pas longtemps résisté avant d’être mis à découvert, puisqu’ils utilisent tous les moyens mis à leur portée, la répression sauvage en premier lieu, afin de mater les masses populaires qui font face à leur politique visant à transformer les régimes de ces deux pays en « républiques islamiques » suivant la Charia.

 

Il nous faudra ajouter que de tels agissements ne nous surprennent pas ; ce qui aurait pu surprendre, c’est que la bourgeoisie arabe, tant laïque que recouverte du manteau de la religion, ne réagisse pas à la perte de ses prérogatives ou que l’impérialisme, les Etats-Unis comme l’Union européenne, surpris par la révolution tunisienne ou par les millions d’Egyptiens qui ont fait face aux sbires de Hosni Moubarak, se laisse faire sans réagir. Surtout que les Etats-Unis pataugeant dans le sable mouvant de l’Irak, étaient obligés de se retirer de ce pays, et que le mouvement de protestation et de révolte avait vite gagné le Bahreïn, le Yémen, la Libye, le Kuweit et l’Arabie saoudite, mettant en péril les gros intérêts des compagnies pétrolières et, surtout, le Nouveau régime mondial, né, il y a vingt ans, à la suite de l’implosion de l’Union soviétique et dominé, jusqu’en 2011, par le seul impérialisme étasunien. Sans oublier, non plus, que ce nouveau régime mondial avait, plus que jamais, besoin de rasseoir son autorité et de mettre fin à la concurrence de la Russie et de la Chine, tant en Afrique qu’au Moyen Orient. Rappelons que le gazoduc Nabuko a mis le feu en Géorgie-Ossétie et qu’il est une des raisons principales des vetos russes.

 

La guerre menée par l’impérialisme étasunien contre les peuples arabes est, donc, une guerre pour contrôler les sources d’énergie, les routes et les marchés du pétrole et du gaz, tant au Moyen Orient qu’en Afrique, afin d’échapper au triste sort résultant de la crise virulente dans laquelle il se trouve depuis 2002 et qui avait explosé en 2008. La mainmise sur l’Egypte, la Libye, le Yémen, le sud du Soudan (après la division de ce pays) et la tentative de mettre la main sur la Syrie vont dans ce sens. Et, pour y parvenir, il est nécessaire de fomenter une multitude de conflits armés internes et régionaux, dont la base serait la religion, ou ce qui fut appelé le retour à l’histoire des luttes musulmanes intestines afin de recréer les deux « croissants » antagonistes, le chiite et le sunnite, mais aussi de pousser les Kurdes, disséminés dans plusieurs pays de la région à créer leur Etat.

 

C’est pourquoi, nous pensons que la carte du lieutenant – colonel US Ralph Peters, publié en 2006 dans « Armed Force Journal » ne relève pas de l’imaginaire d’un militaire étasunien, tout comme ne l’était pas le contenu du livre de zbigniew Brezinski « Le Grand échiquier » sur les intérêts directs des Etats-Unis en Eurasie et la façon de gérer ces intérêts, surtout au Liban, ventre mou de la Syrie qui constitue, d’après Brezinski, la porte centrale de l’Eurasie.

 

D’où les agressions israéliennes répétées contre le Liban. Et, d’où les défis immenses que les peuples arabes, les Libanais surtout, doivent résoudre afin de contrecarrer les projets impérialistes tout en sauvant leurs aspirations au changement.

 

Deux défis essentiels se présentent à nous :

 

Le premier est de développer le mouvement de résistance anti-impérialiste et antisioniste sur tous les plans, y compris la résistance armée, que le parti Communiste libanais a utilisée depuis la fin des années Soixante, tant aux côtés de la Résistance palestinienne que seul. La création de « La Garde populaire », en 1968, afin de stopper les attaques israéliennes contre le Sud, et des « Forces des partisans », en 1970, a facilité, douze ans plus tard, la naissance du « Front de Résistance Patriotique Libanaise » qui mit fin à l’occupation israélienne d’une grande partie du territoire libanais, depuis Beyrouth et jusqu’au Sud.

 

Le second est la nécessité de lier le changement intérieur à la résistance généralisée contre les plans impérialistes, vu que les deux sont complémentaires et indissociables. Il est impensable, en effet, de pouvoir instaurer un tel changement démocratique de la société arabe, ou de le consolider, sans mener une lutte bien ciblée contre les projets de l’impérialisme dans la région, surtout ceux se rapportant à la géostratégie et à l’économie. Cette lutte doit aller à la rencontre de celle que mènent les Partis Communistes et Ouvriers sur le plan international afin de faire face à la crise, de contrecarrer les plans de mainmise des grandes puissances capitalistes sur les richesses que recèle notre planète et de mettre fin à la présence de l’OTAN afin d’empêcher les guerres impérialistes.

 

Dans cet objectif, nous devons, en tant que gauche arabe, consacrer un partie essentielle de notre lutte politique et idéologique à contrer les nouveaux pouvoirs politiques islamistes instaurés et qui sont, en fait, une nouvelle forme de la bourgeoisie, vu que leurs représentants appartiennent à cette classe et que les politiques économiques et sociales, prévues ou adoptées, sont celles que les régimes bourgeois avaient appliquées. Surtout que ces nouveaux pouvoirs ont fait amende honorable en ce qui concerne les accords déjà signés avec Israël et se déclarent prêts à poursuivre les mêmes politiques extérieures que celles adoptées par leurs prédécesseurs.

 

Il est nécessaire que la gauche arabe s’unisse dans un Front de lutte ayant un programme politique, économique, social et idéologique bien défini. C’est ce qui a guidé la création de la « Rencontre de la gauche arabe » qui a tenu trois conférences à Beyrouth et qui regroupe déjà plus de 24 partis œuvrant dans dix pays arabes. Il est vrai qu’une certaine dissension continue à exister entre ces partis, surtout en ce qui concerne la vision de l’avenir et les politiques à suivre sur le plan arabe. Cependant de grands pas ont pu être faits, tant sur le plan des priorités que sur celui de l’organisation d’actions communes ou la lutte pour le socialisme.

 

Il est vrai que rien n’est encore acquis, mais agir quand il faut peut raccourcir le chemin du changement.

 

Marie Nassif-Debs source : http://www.assawra.info

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